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L’œil de la Phalène

Carte blanche à Sarah Battaglia, artiste plasticienne
La nuit, la table à dessin, collée à une immense fenêtre, baignant dans un éclairage fort, attire une myriade d’insectes qui buttent sur le verre. Parmi eux, il y en a un qui me fixe et ne bouge pas, c’est une phalène, un papillon de nuit, témoin malgré lui d’une activité étrangère à sa vie. Son corps duveteux et ses deux gros yeux noirs me restent en mémoire, le crayon à la main, quand les images mentales viennent à l’assaut et me poussent au dessin. Ici et là, tous les corps sont convoqués : animal, végétal, humain dans une poésie violente qui prend sa source dans les mots, la littérature, l’histoire de l’art. Le dessin répond avant tout à un désir d’écriture, les mots deviennent figures et explorent non sans plaisir, l’envers de la chair, le sens immuable de sa Vanité, partant de ce constat : “Je partage sa peur d’animal très jeune dans la première nuit de toutes les battues”, Alejandra Pizarnik (1936 – 1972).


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