Un Français sur cinq se sent somnolent, au moins 3 fois par semaine et même après une bonne nuit, selon l’enquête INSV/MGEN 2011*… Somnoler au cours de la journée est le lot quotidien des millions de Français qui ne parviennent pas à dormir suffisamment durant la semaine. La diminution du temps de sommeil moyen est une tendance inexorable comme le montre les enquêtes de l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance) depuis 2000.
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|  | Aujourd’hui, plus de 30% des Français actifs dorment 6h ou moins par 24h. Cette diminution de sommeil est la conséquence des rythmes de vie : l’augmentation du temps de transport, l’impact des horaires décalés et du travail de nuit, l’utilisation tardive des nouvelles technologies, Internet et le téléphone mobile. La somnolence peut aussi être le reflet de pathologies telles que le syndrome d’apnées du sommeil, les hypersomnies rares ou liées à l’utilisation de médicaments affectant la vigilance. La somnolence diurne excessive, quant à elle, se manifeste par des endormissements involontaires au cours de la journée, plus ou moins contrôlables. Elle affecterait 5 à 10% de la population générale et a pour conséquences des troubles cognitifs comme un ralentissement du temps de réaction, une modification du champ visuel ou encore des troubles de mémoire ou du |
jugement. Ainsi la somnolence diurne excessive est un symptôme d’alerte essentiel de pathologies fréquentes et rares et elle fait courir à l’individu et à la société des risques bien identifiés. C’est pourquoi elle doit faire l’objet de toutes les attentions et conduire à un avis spécialisé et un suivi spécifique.
La part de handicap causée par la somnolence est difficile à évaluer. Néanmoins, les accidents de la route constituent un assez bon reflet de l’impact majeur de cette symptomatologie. Elle a aussi un impact non négligeable sur les apprentissages scolaires et des conséquences économiques non négligeables quoique difficilement chiffrables (absentéisme, arrêts maladies, accidents du travail, domestiques et de la route…).
* Enquête INVS/MGEN "Les Français et la somnolence" janvier 2011 réalisée par BVA auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1012 adultes
Distinguer fatigue, somnolence, et hypersomnie
La fatigue est un processus cumulatif entraînant des difficultés à poursuivre la tâche.
La somnolence désigne une difficulté à se maintenir éveillé. C’est un état intermédiaire entre le sommeil et l’éveil. Son cas extrême est la somnolence diurne excessive.
Les hypersomnies sont des troubles de l’éveil qui se manifestent par un besoin excessif de sommeil avec ou sans allongement de la durée de la nuit et une somnolence excessive dans la journée. Les hypersomnies sont des maladies chroniques qui persistent toute la vie.
L’hypersomnie peut se manifester de différentes formes par :
- un allongement de la durée du sommeil de nuit avec des difficultés de réveil le matin,
- une somnolence et/ou des accès de sommeil irrépressibles au cours de la journée qui limitent les activités du patient et l’obligent à faire des siestes,
- des périodes de plusieurs jours de sommeil qui surviennent de façon récurrente.
Pourquoi somnole-t-on ?
Parmi les facteurs qui influencent la somnolence, on relève principalement 4 grands critères qui ont un impact fort : le temps de trajet quotidien, le temps de sommeil sur 24h, les horaires de travail et la gestion des soirées.
Le temps de transport quotidien des Français est trop long. En moyenne, les Français ont un temps de transports moyen de 1h20 par jour (trajet aller-retour sur 24h). 18% des Français passent plus de 2h dans les transports, ce qui grignote leur temps de récupération et les expose davantage à la somnolence. Ceux qui sont hyper-somnolents (score > 15 à l’Echelle d’Epworth) passent près de 3h dans les transports et parfois avec des distances très importantes à parcourir (> 300 km par jour). Pour ces derniers, il existe certainement une insuffisance de sommeil liée à des trajets très longs qui expliquent une somnolence nocturne excessive. Sachant que la conduite est déjà une situation monotone qui facilite l’endormissement, il s’agit là d’un cocktail explosif qui peut expliquer les chiffres élevés des accidents sur autoroute dus à la somnolence.