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André Armand et Sergio Palumbo pour 123 Savoie
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Savoir-faire ukrainien
A Molliessoulaz, hameau de Queige, Olia Dubik pérennise l'art ukrainien répandu en Europe : " la pyssanka ". Avec un stylet trempé dans la cire fondue, elle trace sur des oeufs d'oie ou de cane des motifs géométriques. Ces signes symboles végétaux, animaliers, chrétiens s'affirment par un jeu de couleurs vives !
L'oeuf a non seulement des valeurs nourricières reconnues, mais aussi décoratives insoupçonnées " ! Religieux ou païens, les oeufs sont porteurs d'amitié ou de maléfices. L'histoire de l'oeuf de Pâques décoré dans les pays d'Europe, en toute latitude, et attitude ethnographique s'avère piquante pour l'esprit, chatoyante à l'oeil. " L'oeuf c'est une connaissance, un retour aux sources, la terre est une thérapie ". Voilà comment, Olia Dubik parle de cette passion pour l'oeuf qui est déjà une affaire de famille. Seconde de trois enfants, ses parents ukrainiens sont venus près de Provins en 1932.
Le parcours professionnel d'institutrice d'Olia se passera à Bordeaux. En 1980 avec sa soeur Yvanka Tchumak grâce à l'association Art et Traditions Populaires d'Ukraine, elles participent, à Paris au musée de l'Homme, à une exposition de grand prestige, sur "l'oeuf de Pâques décoré dans les pays d'Europe ". Yvanka ouvrira le 23 avril 2000 à Banne, dans l'Ardèche, le tout premier musée en France de l'oeuf décoré et de l'icône. Cela effectivement laisse à penser pour le profane, que l'oeuf grâce à la sensibilité et conviction religieuse de l'artiste devient " Icône ". En 1997, grâce à une petite annonce découverte par hasard dans une revue spécialisée dans l'immobilier, Olia Dubik et son ami Alain Gaulard font le choix de s'installer en Savoie.
A un quart d'heure de voiture de la ville olympique, à Queige au hameau de Molliessoulaz, dans un décor champêtre, se trouve " l'atelier de l'oeuf décoré ", dans ce qui était autrefois le vieux pressoir et la forge. C'est ici, face au Mirantin, au Mont-Blanc et au massif des Bauges, qu'Olia Dubik, Alain Gaulard, et Genyk, fille d'Olia, architecte D.P.L.G. de Paris, ont aménagé et baptisé en 1988, le domaine " Le Snaïou " ce qui veut dire en ukrainien " Je sais ". N'allez pas penser pour autant qu'Olia a la science infuse ! Elle se soucie de transmettre son savoir faire qui puise ses racines dans les traditions ukrainiennes aux amateurs d'art. Sur les pages du livre d'or de l'atelier Didier Dancette, un animateur des Bauges, qui a eu comme eux le coup de foudre, pour le Snaïou s'exprime " il semble que les choses se soient arrêtées ici pour le plaisir de savourer l'écoulement du temps et le déroulement des jours ".
Elle repasse les traits de crayon au stylet rempli de cire chauffée à la bougie. C'est la technique du " Batik ". On trempe l'oeuf dans des bains de teintures différentes. L'oeuf est baigné dans sa couleur finale. La magie confirme Olia vient " lorsque le motif de décoration de l'oeuf est terminé et que l'on fait fondre toutes les traces de cire à la flamme " ! A cet instant on redécouvre les couleurs étincelantes de l'oeuf. Réussir son oeuf en trois heures est déjà la satisfaction au-delà de la manipulation et de l'ornementation de ne l'avoir pas cassé et de l'emporter chez soi ! Sur les étagères de l'atelier, Olia a disposé toute une belle série d'oeufs et d'autres représentants de Matriochkas (petite poupée russe gigogne). Elle a même sculpté une authentique femme oeuf, faite en terre blanche chamotte. Dans notre civilisation de loisirs, l'oeuf décoré est un art de vivre aux temps jadis. Même sans sablier, chacun retrouve une âme d'enfant ! 
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Réussir son oeuf !
" En Ukraine, selon la tradition, l'oeuf se fait au printemps et se termine à Pentecôte ". Ces oeufs étaient apportés à la fête de Pâques dès la christianisation du pays en 988. Dans l'atelier attenant au vieux four et ferme chalet de 1742, Olia Dubik très souriante accueille les petits et grands visiteurs. " Venez la table est mise " ! Le matériel est réduit à sa simple expression : un oeuf blanc, d'oie, un stylet appelé la " Kistka ", de la cire d'abeille, une petite bougie. Avec fougue et enthousiasme, elle explique l'histoire de l'oeuf à travers la Pyssanka qui vient d'un verbe ukrainien " Pessaté " (écrire). Olia dessine au crayon les signes symboles qui rentrent dans toute une classification : animaliers, végétaux, et chrétiens. Ce sont des messages adressés à quelqu'un que l'on aime, comme la feuille de chêne qui traduit : force, santé. La poule symbolise : fécondation, maternité. Le paon est un symbole chrétien très ancien avec le poisson, la colombe et les portes célestes, les cercles d'alliance.
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