
Statue de Jean-Jacques Rousseau sculpté par Mars Valett en 1910 à l’occasion des 50 ans de la réunion de la Savoie à la France
© 123 Savoie

Portrait de J-J Rousseau Pastel de Maurice Quentin de La Tour
|  | Jean-Jacques Rousseau, naquit le 28 juin 1712 à Genève, ville qu’il quittera à l’âge de 16 ans, car sa famille est Calviniste. Il est reçu à Annecy par Madame de Warens qui a pour mission de recueillir les calvinistes Suisses émigrés en Savoie, pour leur faire rejoindre la Ste Eglise. Cette mission lui avait été confiée par Victor-Amédée II, Roi de Piémont-Sardaigne. Cette dernière dut partir pour Paris et à son retour elle demanda à s'installer à Chambéry. Elle fit cette demande pour rester dans les bonnes grâces du Comte de St Laurent, tout puissant dans l'administration des finances du Royaume. Elle louera un appartement dans l'hôtel particulier de ce dernier. Rousseau la rejoindra dans cet appartement. Pour gagner sa vie on lui trouve un emploi au Cadastre Sarde. Il le quittera huit mois plus tard, puis proposera ses services comme professeur de solfège et de chant auprès des jeunes filles de bonne famille de Chambéry. En 1735 souffrant, il cherchera un autre logis plus agréable que l'appartement de l'hôtel de St-Laurent. Louise Eléonore de la Tour du Pin, baronne de Warens, née en 1700 et décédée en 1762, qui fut la protectrice et la maîtresse de Jean-Jacques Rousseau qu'il surnommait Maman, loua la maison des Charmettes et ils y vécurent pendant les deux étés 1736 et 1737.
Jean-Jacques Rousseau a toujours été très élogieux vis-à-vis de Chambéry.
Le long séjour qu’il y fit, en plusieurs épisodes, correspond à sa période de formation et de son émergence ; il y fera référence tout au long de sa vie, tout au long de son œuvre, comme le lieu d’un bonheur à jamais perdu. Période heureuse, même si elle a été coupée d’épisodes dépressifs ou hypocondriaques mais aussi d’initiations multiples, d’apprentissages, de commerce avec des interlocuteurs de |
qualité, de lectures. C’est à Chambéry que Jean-Jacques Rousseau a constitué l’essentiel de son "magasin d’idées", sans avoir une vision claire de son destin d’écrivain. Jean-Jacques Rousseau arrive à Chambéry en 1731. Celui que l’on appelle "l’homme de la Nature et de la Vérité" sera l’un des premiers écrivains à évoquer les charmes de la montagne, notamment dans La Nouvelle Héloïse et dans Les Confessions. "Jamais pays de plaine, quelque beau qu’il fût, ne parut tel à mes yeux. Il me faut des torrents, des rochers, des sapins, des bois noirs, des montagnes, des chemins raboteux à monter et à descendre, des précipices à mes côtés, qui me fassent bien peur. J’eus ce plaisir, et je le goûtai dans tout son charme, en approchant de Chambéry" Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, livre IV.
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« Les relations entre Chambéry et Jean-Jacques Rousseau furent complexes et parfois ambiguës »
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Louise Eléonore de la Tour du Pin, baronne de Warens
|  | Il s’installe avec Madame de Warens, son premier amour, dans le vallon des Charmettes à partir de 1736. "Après avoir un peu cherché, nous nous fixâmes aux Charmettes, une terre de M. de Conzié à la porte de Chambéry, mais retirée et solitaire comme si l’on était à cent lieues. Entre deux coteaux assez élevés est un petit vallon nord et sud au fond duquel coule une rigole entre des cailloux et des arbres. Le long de ce vallon à mi-côte sont quelques maisons éparses fort agréables pour quiconque aime un asile un peu sauvage et retiré" Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, livre V.
Si les Charmettes font partie intégrante du patrimoine chambérien, et ce de manière indiscutable, Jean-Jacques Rousseau lui, en reste encore en partie extérieur. Les relations entre lui et Chambéry sont en effet complexes et parfois ambiguës. Jean-Jacques Rousseau y est, certes, reconnu comme une figure importante de la ville mais pas comme chambérien : il n’y est pas né, il n’y a pas fini ses jours. |
Sa contribution au mouvement des Lumières et son rôle dans l’évolution des idées politiques l’opposent à une autre figure chambérienne majeure, celle de Joseph de Maistre. Aussi, les conflits, les péripéties de la vie politique locale vont-elles régulièrement s’identifier, s’incarner dans ces deux figures ou se cristalliser à travers elles.
Figure conspuée par certains, figure admirée, adulée par d’autres qui iront jusqu’à adopter le prénom Jean-Jacques : ce balancement, cette opposition resteront longtemps profonds et récurrents. |  
Les Charmettes - © 123 Savoie |
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