|  | |  | | Date de sortie : 05 Avril 2006
Réalisé par Jérôme Cornuau
Policier
: 2h05min.
Film inspiré de la série Les Brigades du Tigre
En 1907, une vague de crimes sans précédent ensanglante la Belle Epoque. Face aux bandits d'un nouveau siècle, le Ministre de l'Intérieur Georges Clemenceau crée une force de police à leur mesure : les Brigades Mobiles. En 1912, la France entière les connaît sous un autre nom : les Brigades du Tigre.
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 | |  | | Sergio Palumbo, pour 123 Savoie
© Crédits photos : Bruno Calvo - Les Films Manuel Munz
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 | |  | | Clovis Cornillac : Commissaire Valentin
Diane Kruger : Constance
Edouard Baer : Inspecteur Pujol
Olivier Gourmet : Inspecteur Terrasson
Stefano Accorsi : Achille Bianci
Jacques Gamblin : Jules Bonnot
Thierry Frémont : Piotr
Léa Drucker : Léa
Didier Flamand : Le préfet de police
Philippe Duquesne : Casimir Cagne
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|  | |  | | Alexandre Medvedev : Prince Bolkonski
Richaud Valls : Pelletier
Pierre Berriau : Raymond Caillemin
Marc Robert : Octave Garnier
Eric Prat : Bertillon
André Marcon : Jean Jaurès
Agnès Soral : Mademoiselle Amélie
Alain Figlarz : Jacquemin
Alexandre Arbatt : Dr Tanpisev
Roland Copé : Poincaré
Mathias Mlekuz : Hennion
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| |  | |  | | Jérôme Cornuau : réalisateur
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 | |  | | A quel stade du projet êtes-vous arrivé ?
Lorsque je suis arrivé sur le projet, deux scénaristes, Xavier Dorison et Fabien Nury, travaillaient au scénario. J’ai accepté de réaliser le film à condition de pouvoir participer à leur travail d’écriture. Au départ, l’histoire était très centrée sur l’action et sur l’épopée historique, j’ai apporté ma vision des personnages, notamment de Constance, car il me semblait important qu’il y ait un personnage féminin fort. Bien sûr, elle faisait partie du scénario, mais elle était une figure énigmatique et méchante et n’existait que sur trois séquences. J’ai donc développé ce personnage afin que Constance soit plus présente et j’ai surtout étoffé sa relation avec Bonnot. Pour le reste, tout y était, c’était l’idée des scénaristes de démarrer le film sur les anarchistes, la guerre des polices, puis de basculer ensuite sur les Emprunts Russes et d’obtenir une couleur politique assez forte. Le travail a donc consisté à mettre nos idées en commun et à les développer, ce qui fut passionnant.
Connaissiez-vous bien la série télévisée des Brigades du Tigre ?
Enfant, je regardais peu la télévision, je n'ai donc dû voir que quelques épisodes de la série. Les deux scénaristes, eux, la connaissaient très bien, il m’a suffi de les écouter et de lire des ouvrages sur la période historique pour entrer dans le sujet. Pendant tout le travail sur le film, on a fait très attention à préserver le souvenir que les gens ont gardé de la série, tout en faisant un film très contemporain.
Vous êtes-vous inspiré des personnages de la série ?
On a construit d’abord les personnages en référence à la série. D’abord, on voulait que le commissaire Valentin soit clairement le patron des trois mobilards. C’est un homme un peu ascétique, avec un sens de la justice très fort, un sens de l’Etat et du Service Public. Terrasson, c’est le personnage qui est le plus adapté à l’image qu’on a de cette époque. C’est un bon “ gaulois ”, toujours positif, une force de la nature, enraciné dans sa famille, dans des valeurs sûres. Mais il est aussi un homme d’action, sportif. Il apporte une sorte de bonhomie à l’ensemble du film. Je voulais vraiment qu’il y ait des contrastes entre les trois, afin de pouvoir créer un sentiment de groupe. Pujol est plus proche de Valentin, dans sa façon de vivre. Comme lui, il est célibataire. Il a une opacité, un certain cynisme qui cache une grande générosité, il a également une violence qu’il contient plus ou moins difficilement. Il aime les bas fond, il vient sans doute de là. Pujol et Terrasson amènent sourire, légèreté. Valentin est plus sérieux. A eux trois, ils représentent différentes couches de la société et ils s’en servent dans leurs enquêtes. Ils ont tous une grande ouverture vers la modernité, ils savent se servir des nouvelles techniques. Mais la volonté la plus forte était de faire évoluer ces trois personnages entre le début et la fin du film. Valentin, on a l’impression que c’est un bloc de granit que rien ne touche mais les rencontres avec Constance et Bonnot vont le transformer. La rencontre avec Bonnot va d’abord créer des failles dans sa carapace, puis avec Constance, il est frappé d’amour, par sa beauté mais aussi par le courage et l’engagement de cette femme qu’il va admirer. Il ira jusqu’à faire des choses illégales pour elle et j’aime ce type d’évolution, je trouve ça beau dans un personnage. Pujol qu’on croit très dur, violent même, va finalement basculer vers une folle passion pour Léa, sa fiancée prostituée. Et Terrasson, sûr de sa force physique, de sa famille et de ses Emprunts, va se retrouver ruiné, perdre un combat, voir sa vie basculer et se mettre à douter. Ils évoluent tous les trois pour, à la fin du film, se regrouper à nouveau faire corps et s’entraider.
Comment les acteurs ont-ils été choisis ?
Un casting, c’est toujours une longue histoire, très compliquée. Je ne vais pas vous exposer tous les noms qui ont été évoqués avant d’arriver à cette belle affiche. Ce qui compte, pour moi, aujourd’hui, c’est que tous les comédiens aient donné des choses nouvelles dans des rôles où on ne les attendait pas. Olivier Gourmet dans un rôle “ bonhomme ”, Edouard Baer et Jacques Gamblin dans des rôles d’hommes d’action, Clovis Cornillac en héros. C’est un grand bonheur de voir que, non seulement, ils se sont tous amusés à le faire, mais qu’en plus leurs qualités d’acteurs donnent un corps incroyable au film.
Peut-on dire que Les Brigades du Tigre est un film de genre ?
Oui, c'est un film policier, qui respecte les codes narratifs du genre, mais progressivement le film bascule vers une histoire plus romanesque. J'ai surtout voulu faire un film populaire, divertissant, et en même temps personnel.
Quelles ont été les bonnes surprises de cette aventure ?
J’ai trouvé passionnant de faire un film historique, un film de cette ampleur avec beaucoup de moyens. Ces conditions permettent d’aller au bout des choses, de travailler avec ses collaborateurs proches, sur une longue période, sans urgence. Cela a permis à chacun de s’épanouir pleinement dans son travail. Par ailleurs, il y avait de nombreux comédiens, constamment, sur le plateau et je craignais des problèmes de caractère ou de rapports de force. Mais il n’y en a eu aucun, ce qui est probablement lié au talent et à l’intelligence de chacun. Autre surprise : Diane, car je la connaissais moins bien. J’avais mis beaucoup d’espoir en elle et j’avoue que son travail a été au-delà de mes espérances. C’est la personne qu’il fallait, elle a un côté héroïne hitchcockienne dans la plastique, un peu froide. Mais en même temps, on a réussi à amener beaucoup d’humanité et de fragilité. Elle a construit un personnage très beau. Aujourd’hui, avec du recul, je vois peu de comédiennes françaises de son âge qui auraient pu faire ça. Je l’apparenterais plutôt à une comédienne anglo-saxonne dans son approche du travail. Enfin, c’est une actrice qui a encore une image relativement vierge donc elle amène de la nouveauté au film.
Quelles ont été les principales difficultés du film ?
Sur le tournage, ce ne sont pas les scènes d’action qui m’ont semblé les plus compliquées, à réaliser, mais plutôt les scènes de comédie. J’ai travaillé avec des grands comédiens, qui sont comme de bons instruments, mais on peut mal jouer d’un bon instrument ! Avec de tels comédiens, les nuances de jeu possible sont infinies ! Il faut faire des choix et ce n’est pas toujours facile. Ma principale préoccupation fut de faire en sorte que le spectateur ne s'ennuie jamais, qu'il soit toujours intéressé, que ce soit par l'intrigue, l'action, ou les rapports des personnages entre eux. J'ai pensé au spectateur en permanence.
Quelle est la scène que vous avez eu le plus de plaisir à réaliser ?
Selon moi, la scène du parloir et celle de l’agonie de Bonnot, sont les plus belles scènes du film. Elles m’ont marqué parce qu’en tant que premier spectateur, quand on les a tournées, j’ai ressenti des choses fortes.
Ce film est un gros budget, quelle influence cela a-t-il eu sur votre travail ?
Le budget est d’environ 17 millions d’€. Au moment du tournage, ça n’a pas modifié ma méthode de travail, c’est l’histoire avant tout ! Or cette histoire-là nécessitait un tel budget.
Comment avez-vous travaillé avec vos différents collaborateurs ?
La plupart des gens de l’équipe : le chef décorateur, le chef monteur, le chef opérateur, sont des gens avec qui je travaille depuis plus de 15 ans. Je travaille avec tous de la même façon : je n'arrive pas avec une accumulation de documents, mais préfère leur parler d'impressions, de choses ressenties. Je donne des références de tableaux, de films, de livres ; comme ces indications sont, il me semble du moins, à peu près cohérentes, nous finissons tout naturellement par travailler dans la même direction.
Votre film a-t-il une dimension politique ?
Dans ce film, il était important, pour moi, qu’il y ait des valeurs essentielles et que des personnages s’engagent, au péril de leur vie, pour ces valeurs. Mais il m'a semblé intéressant de traiter non pas tant directement ces valeurs, que les concessions auxquelles ceux qui les défendent pouvaient être humainement confrontés : l'engagement révolutionnaire de Constance, au nom duquel elle sacrifie une Constance qui aurait pu être tout autre ; la Raison d'État à laquelle Valentin est assujetti, en contradiction parfois avec son sens de la Justice et ses sentiments amoureux.
Si vous étiez un personnage du film, qui seriez-vous ?
Avec ma personnalité, je ne pourrais pas aller dans l’extrémisme de Bonnot, je me sens plus proche de Valentin ou même de Constance.
Pourquoi pas Bonnot ?
Dans la réalité, Bonnot était beaucoup moins romanesque. C'était un illégaliste violent. Nous avons développé, il faut bien l'avouer, une lecture " Robin des bois " du personnage pour l'intérêt de l'histoire.
Qu’attendez-vous de ce film ?
Tout simplement, que le public se laisse emporter par cette histoire.
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|  | |  | | La Bande à Bonnot
A l’origine, Bonnot, ancien mécanicien lyonnais, se contentait de maquiller quelques voitures volées. Arrivé à Paris, il fréquente le milieu anarchiste et rencontre Octave Garnier et Raymond Callemin dit “ Raymond la Science ”. En décembre 1911, Bonnot et sa nouvelle bande entrent dans la légende : ils réalisent le premier braquage automobile de l’Histoire. La presse s’empare de l’affaire et le scandale gagne le pays : Bonnot est désormais “l’ennemi public numéro un”. Traqués sans relâche par des forces de police humiliées, ses hommes et lui multiplient avec brio les actes de banditisme audacieux. La France se passionne et les Brigades se mobilisent. S’engage alors une véritable course contre la montre qui tient l’opinion publique en haleine. Raymond la Science est arrêté. Piégé à Alfortville, le charismatique Bonnot est contraint de tuer le sous-chef de la sûreté. Mais le 28 avril 1912, il ne peut pas échapper aux centaines de policiers et de soldats qui le coincent à Choisy le Roi…
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