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Aigues-Mortes
Aigues-Mortessergio palumbo - 07/11/2006

Aigues-Mortes
Mise en ligne : Sergio Palumbo, 123 Savoie
Rempart ouest - Photo OT Aigues-Mortes
Rempart ouest Photo OT – Aigues-Mortes
Rempart sud - Photo OT Aigues-Mortes
Rempart sud Photo OT – Aigues-Mortes
Aigues-Mortes

Au coeur de la Camargue surgit la cité médiévale d’Aigues-Mortes, construite au XIIIème siècle selon la volonté de Saint Louis. La Tour de Constance demeure un des donjons les plus majestueux de l’architecture du Moyen Age et ses remparts entourent ce haut lieu de la Gastronomie Camarguaise.

Louis IX choisit Aigues-Mortes
Le pape Innocent IV appelle en 1240 les souverains d’Europe à la croisade afin de reprendre Jérusalem. Louis IX prend le commandement de l’expédition, mais ne disposant pas de port d’embarquement en Méditerranée, il jette son dévolu sur le port d’Aquae Mortuae. En ce temps, la Provence appartient à l’Empire Germanique et le Languedoc Roussillon aux Rois d’Aragon. Aigues-Mortes, propriété de l’Abbaye de Psalmody est échangée contre des terres des environs de Sommières. La Cité des « eaux mortes » est alors située sur les rivages d’une immense lagune qui communique avec la mer par les graus et avec le bras le plus occidental du Rhône par ses immenses marais. Louis IX fait construire une chaussée endiguée, seul accès terrestre entre Aigues-Mortes et la terre ferme, défendu ultérieurement par la Tour Carbonnière. Il embarque pour la septième croisade en 1248. Le plan de la ville est presque terminé. Aigues-Mortes devient un centre d’échanges de tout premier plan avec les pays du Levant (12000 hab.). Le souverain embarque une nouvelle fois à Aigues-Mortes en 1270, lors de la huitième croisade. Il meurt peu après du typhus au large de Tunis.

La tour de constance
Primitivement appelée grosse forte tour – le nom de Tour de Constance n’apparaît qu’à la fin du XIVe siècle ; son origine, pour laquelle plusieurs hypothèses ont été proposées n’a jamais été sûrement établie. Par contre, on peut affirmer que sa construction fut entreprise et achevée sur les ordres et du vivant du roi, entre les années 1241 et 1250. Dès 1249, un acte en porte mention précise sous le nom de Tour du seigneur du roi.

Le protestantisme
La révocation de l’Édit de Nantes réveille en 1685, la persécution des huguenots. Une partie des tours de l’enceinte fortifiée est alors utilisée pour emprisonner les protestants. Le chef des Camisards Abraham Mazel réussit à s’échapper de la Tour de Constance en 1705, tandis que Marie Durand y resta 38 ans en captivité, de 1730 à 1768, pour le seul motif de sa foi protestante. (On lui attribut l’inscription " résister " gravée sur la margelle).

Les remparts
Une taxe d’un denier par livre de marchandise est instaurée en 1268 afin de financer les remparts de la cité. A la mort de Louis IX, les fondations des remparts sont encore qu’en partie tracées. Son fils Philippe le Hardi fait reprendre les travaux en 1272 puis entre en guerre contre le Royaume d’Aragon. La flotte catalane en profite pour prendre le contrôle de l’ensemble du littoral languedocien. Interrompus durant les conflits, les travaux reprennent en 1285 par la volonté de Philippe le Bel. Au début du XIV° siècle, l’enceinte est achevée. Il s’agit d’un quadrilatère quasiment parfait, hérissé de tours et percé de portes. Les plans sont établis par Louis IX et son architecte Eudes de Montreuil. Celui-ci meurt en 1289 et Cominelli termine l’ouvrage. Les fondations reposent généralement sur une plate-forme de bois prenant appui sur des pieux de chêne enfoncés jusqu’au sol dur. Amenée par bateau, la pierre calcaire provient des carrières de Beaucaire et des Baux. Les remparts se déroulent sur 1634 m.

Aigues-Mortes - un port
Les quantités énormes d’alluvions charriées par le Rhône très vite modifient la configuration du littoral. Le port intérieur de la ville se trouve alors à deux kilomètres au sud de l’étang de la cité et est relié au port maritime. D’importants travaux sont entrepris au début du XV° siècle, le chenal du Graude- la-Croisette remplace celui du Grau-Louis et le port intérieur est réaménagé aux abords de la ville. Mais le rattachement de Marseille à la couronne de France en 1481 précipite la ruine du port d’Aigues-Mortes. Conscient du problème perpétuel d’ensablement, François Ier fait creuser, en 1532, le canal de Peccais reliant les salines à la mer. Ce grau appelé Grau Henry finit par se refermer et seulement en 1725, le chenal du Grau du Roi résout le problème en reliant la Cité à la mer. Elle devient port fluvial grâce au canal du Rhône à Sète achevé en 1806.

L’église Notre Dame des Sablons
La première église faite de bois et de roseaux placée sous le vocable de " Beata Maria de Sabulo " date de 1183, elle est réédifiée en pierre et en style ogival en 1246. En 1293, la chapelle est dédiée à Saint Antoine. Elle est livrée au culte en 1248, puisque les anciennes chroniques nous apprennent que St Louis est venu s’agenouiller dans l’église paroissiale, avant son départ pour la septième croisade. Érigée en collégiale en 1737, elle est rebaptisée Notre Dame et Saint Pierre de Psalmody et pillée et saccagée par les protestants en 1575. Les premiers vitraux contemporains du peintre Viallat sont posés en 1991.

La chapelle des penitents gris
Construite sur l’emplacement de l’ancienne chapelle du XV° siècle qui fut brûlée lors des Guerres de Religions. L’actuelle chapelle du XVII° siècle, classée, est placée sous le vocable des cinq plaies et abrite un retable en stuc oeuvre de Sabatier. Elle appartient toujours aux frères pénitents.

La chapelle des penitents blancs
Construite au XVIIème siècle, à la suite de dissensions entre les frères Pénitents Gris, elle renferme une fresque classée de Xavier Sigalon et des oeuvres d'Auguste Glaize. Placée sous le vocable du Saint esprit, cette chapelle abrite un petit musée et de nombreuses reliques appartenant toujours aux frères pénitents.

Visites guidées toute l’année de la Tour de Constance (XIIIème siècle) et des remparts (XIII° siècle) qui offrent une vue imprenable sur la nature environnante. Découverte en petit train des tours et portes qui jalonnent l’enceinte. La Tour des Bourguignons où furent jetés et salés les malheureux du même nom lors du conflit contre les Armagnacs au XVème. La porte de la Reine, hommage à la venue d’Anne d’Autriche qui fit construire la chapelle des Capucins. Flânerie au gré des nombreuses galeries de peintures et ateliers de métiers d’art. OEuvres contemporaines originales, céramistes, maîtres verriers, créateurs de bijoux, de vêtements, atelier de mosaïques, peintre sur soie, potiers, sculpteurs, patchwork ...


Aigues-mortes - le sel
Aux portes d’Aigues-Mortes, l’implantation des Salins du Midi nous rappelle que la Camargue est pour la France le plus important centre de production de sel marin. Les premiers salins remontent, dit-on, à l’Antiquité. Au début du XIIIème siècle, la presque totalité des Salins de Peccais appartient aux Moines de Psalmody, et les vestiges de cette Abbaye bénédictine se trouvent sur la commune de Saint Laurent d’Aigouze. Le salin d’Aigues-Mortes s’étend, de nos jours, sur 10 800 hectares de terres sauvages où l’eau de mer, après avoir été pompée, va circuler pendant cinq mois et progressivement se concentrer pour permettre la cristallisation sur les tables salantes. Le sel recueilli est ensuite stocké en camelle, véritable montagne de sel de plus de 20 m de haut et 400m de long.


Les activités économiques d’Aigues-Mortes restent liées aux ressources naturelles de la Camargue. Le vin et l’asperge des sables renommés pour leur saveur ensoleillée, la pêche et l’élevage traditionnels, les produits maraîchers, la récolte du roseau à " l’ancienne ", la culture du sel autant de produits majeurs et traditionnels qui contribuent à l’identité de cette région. Mais aujourd’hui, l’économie à Aigues-Mortes repose sur l’Industrie Touristique.

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