 | |  | | Mise en ligne : Sergio Palumbo, 123 Savoie
Avec le concours de Marilyne Falquet et André Armand
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| | |  | |  | | Une acquarelle de la maison des Maîtres de forges
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 | |  | | Quand l'histoire se forge des maîtres en Bauges !…
" Originaire de Picardie, la famille d'Alfred Bellettre achète la maison des maîtres de forges à Ecole en Bauges en 1963. Après toute une série de travaux importants, " cette ancienne clouterie a retrouvé au sein de la communauté villageoise une nouvelle jeunesse, une âme ! " Ce bâtiment avec son toit en bâtière et son beau portail en ferronnerie, avec ces deux pilastres du 17ème, frappe l'oeil du visiteur qui n'aspire qu'à une chose, " oser entrer et découvrir cette petite merveille ! "
Parmi les nombreux ouvrages parus ces dernières années sur l'histoire des Baujus, entre lacs et Isère, et la nouvelle entité du Parc Naturel Régional du Massif des Bauges, figure celui de Jacques Chaize, " Les maîtres de forges en Bauges ". " Il a le mérite de traiter avec beaucoup de précisions de l'univers oublié de l'épopée préindustrielle, de la métallurgie à travers les maîtres de forges ". Près de l'âtre, où crépitent les bûches, Jean François Bellettre, diplômé en H.E.C, (Hautes-Etudes Commerciales), a été directeur administrateur financier dans plusieurs sociétés de textiles. Il raconte avec ses mots, l'histoire de sa maison, de sa famille avec une certaine fierté et modestie !....
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 | |  | | " Tout commence en I654 par l'arrivée d'un piémontais, Louis Turinaz, natif de Giaveno, de la vallée de Suze " ! Il implante dans le vallon de Bellevaux, une fabrique de fer. Cette industrie, qu'il dirige pendant 22 ans métamorphose la vie économique de la population. Il exploite aussi la rivière du Chéran. Il obtient le droit de couper le bois pour le charbon dans les forêts des versants opposés à la montagne qui courent au nord et à l'est du monastère. Il établit un haut fourneau, un martinet, une martinette près de l'église d'Ecole et du monastère. Louis Turinaz s'installe au " Carlet ", tandis que son bureau d'embauche demeure au monastère. Son minerai provient de Saint Georges d'Hurtières, il était acheminé en chariot jusqu'au bac de Pau à Saint Pierre d'Albigny et monté à dos de mulet par les lacets du col du Frêne ! Au Chatelard, à la Motte et à Lescheraines sont créées les premières clouteries. Notre industriel épouse Suzanne Pochat. A défaut d'une progéniture, le couple porte leur attention sur leurs neveux et nièces. A la mort de Louis Turinaz, sa veuve reprend la direction des fabriques. Devant les difficultés de la gestion, son neveu Sébastien Turinaz, fils d'Antoine Turinaz, redresse la situation pendant I5 ans. Aucun de ses dix enfants ne reprendra la succession. Le phénomène de la progression du déboisement expliquera la vente des usines. Le I7 mai I692, Jean Geny, bourgeois de Montmélian, rachète les usines de Sébastien Turinaz qu'il exploita pendant 15 ans. En I707, il revend à Jean Revil, toute l'exploitation. Un an plus tard Jean Revil signait un contrat d'association avec Philibert Rosset, natif de Conflans, à Albertville. Coup de théâtre, puisque trois semaines après avoir fait une promesse de vente devant notaire, Jean Revil conclut un contrat de vente et cession sans rien se réserver ! Philibert Rosset reste le seul propriétaire. Au bord de la liquidation judiciaire, il vend aux moines de Bellevaux, l'exploitation.
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| | |  | |  | | La maison des Maîtres de forges
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| |  | |  | | Salon de la maison des Maîtres de forges
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|  | |  | | Portail avec sa ferronerie et le portail du XVIIème siècle
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| | | |  | |  | | En I866, disparaissent malheureusement mûletiers et haut -fourneaux. Après la période révolutionnaire, en I796, une décision accorde l'établissement de métallurgie de Bellevaux à Gaspard Ferroud Plattet, un fin connaisseur de l'industrie du fer et de la mentalité des ouvriers. Celui-ci meurt en I8I9 très fortuné. Son fils Joseph Marie Ferroud Plattet, succède à son père à l'âge de I9 ans et meurt en I829 âgé de 29 ans. Sa mère Josephine Pollingue, de Chambéry, reprend la direction des fabriques, hélas vouées à l'échec ! Elle se remarie avec un banquier, Antoine Anthonioz, reprend les rênes. Au décès de Joséphine, sa mère hérite du domaine, qui reste à l'abandon durant 20 ans. Les frères Anthonioz la conduisent au tribunal pour abandon de biens de déshérence. Le jugement leur est favorable et la maison sera divisée en plusieurs lots avec les 22 hectares. Cette dernière est partagée en deux lots : " le couloir central avec ses deux grandes portes occupe la partie haute et la partie basse reliées par un vestibule. En I860, Antoine Anthonioz loue la partie haute à Joseph Loye, originaire de Jougne dans le Jura. Il sera le grand rénovateur par l'aménagement d'un martinet. Il trouve un système d'utilisation d'un trompe chauffoir. Il s'évertue à trouver une clientèle nouvelle à la clouterie. Il diversifie ses produits dans les outils de l'agriculture. Antoine Anthonioz lui établit un bail pour les forges de Bellevaux.
Joseph Loye rachète la maison des Ferroud Plattet et fabrique le portail, et la porte en fer forgé, impose ses initiales. En octobre I855, il fait peindre son portrait et celui de sa femme. Ces deux portraits très attachants se trouvent encore actuellement au dessus de la cheminée. Le couple avait trois enfants, Léon qui épouse Ernestine Cubitte, Auguste, Pauline. Léon abandonne la métallurgie, la forge, se lance lui aussi dans le commerce de la clouterie. Il créé la fruitière d'Ecole. Auguste reste célibataire, tandis que Pauline épouse un commerçant et habite à Saint Pierre d'Albigny. Léon et Auguste décèdent en I9I3-I9I4. La clouterie continue par un des fils de Léon Loye. Sa fille Octavie épouse le Sieur Therme du Châtelard. Le couple donnera naissance à trois enfants. Deux disparaissent à la guerre de 19I4-I9I8 et le troisième Paul Therme devient propriétaire de la maison. C'est lui qui vendra la maison à Alfred Bellettre. En matière de réussite sociale où professionnelle ne dit-on pas qu'il faut battre le fer pendant qu'il est chaud ?
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 | |  | | L'histoire de la famille Bellettre débute avec Alfred Bellettre dont l'activité professionnelle en tant que directeur de société de fabrication et importations d'articles de sport était basée en banlieue parisienne. Il rencontre à Paris, Andrée Treppier. Celle ci a été élevée jusqu'à l'âge de I6 ans par ses grands parents dans une maison d'Aillon et d'Ecole en Bauges. Il l'épouse en I942. Elle devient héritière de la première maison familiale. C'est là qu'ils passent pratiquement toutes leurs vacances. En I963, Andrée et Alfred Bellettre apprennent la mise en vente de " la maison des maîtres de forges " et décident de son acquisition. Avec ténacité, démarre la restauration de cette imposante maison en lui donnant toutes les commodités. Sur le ton de la confidentialité, Jean François Bellettre avoue : " Ici tout est beau dans Bauges, aménagée en résidence secondaire d'été, cette maison est vitale, pour l'investissement, les souvenirs et une vie de famille ! " Son père avait un groupe d'amis liés au scoutisme, il gardera du reste une fidèle amitié avec les gens du scoutisme. La maison accueillera les fêtes de famille, mariages, baptêmes.... Avec beaucoup d'interrogation sur l'avenir, il ajoute : " mon devoir est de conserver cet héritage de deux générations, comment va faire la troisième ? " Ici à Ecole, avec la population, on se connaît tous par ma mère, on est tous plus ou moins cousins à un certain degré ". Jean François revoit des amis de son enfance. Ses vraies racines ne sont pas à Paris mais dans ce terroir des Baujus ! Il a réussi à créer sa campagne à la capitale en ramenant des plantes de Savoie. Il aime que sa maison soit belle de l'extérieur, c'est une politesse vis à vis des passants.
" Aujourd'hui comme hier, des Bauges à la Savoie à l'image des maîtres de forges et des colporteurs ce ne sont jamais les mêmes hommes qui partent et qui reviennent ! "......
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