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Louis Mandrin séduit la population en lui permettant d'acquérir à bas prix des produits coûteux comme le sel ou le tabac, des marchandises rares ou prohibés comme les indiennes (toiles de coton imprimées aux Indes et importées par l'Angleterre dont le commerce est interdit en France), des montres ou des livres protestants. Mais surtout, le fait qu'il s'en prenne aux collecteurs d'impôts fait de lui un héros aux yeux du peuple. Exaspérée, la Ferme Générale en appelle au roi Louis XV et à son armée. Au cours de sa 6ème campagne, il est poursuivi par les chasseurs du capitaine Fischer. Cette armée se déguise en paysans et entre illégalement dans le Duché de Savoie. Mandrin réfugié au château de Rochefort est arrêté, trahi par deux de ses amis, dans la nuit du 10 au 11 mai 1755. Il est ramené à Valence le 13 mai 1755. Le roi de Sardaigne, Charles Emmanuel III, devant cette intrusion dans son territoire, demande l'extradition de Mandrin. Pour éviter l'incident diplomatique, le roi Louis XV va céder mais les fermiers généraux activent le procès. Il est jugé le 24 mai et est exécuté le 26 mai 1755. Louis Mandrin est roué à vif, il est écartelé, ses jambes sont écrasées entre deux planches actionnées par un vérin, son bourreau lui brise les membres avec une barre métallique puis il est placé sur la roue. Au bout de huit minutes, à la demande de l'évêque de Valence, son bourreau l'étrangle. Durant son supplice Mandrin est resté digne.
De la mort de Mandrin naîtra la légende du hors la loi se battant contre l'injustice et contre la malhonnêteté des collecteurs d'impôts, comme le montre cet extrait issu de La véritable histoire de Mandrin de Corinne Townley - édition La Fontaine de Siloë, collection Les Archives de Savoie - 2005 - page 23 : "La tradition populaire a véhiculé l'image du bandit justicier, redresseur de torts et défenseur des faibles. Ce mandrin a des ailes, écrivait Voltaire, il a la vitesse de la lumière... C'est un torrent, c'est une grêle qui ravage les moissons dorées de la Ferme (générale)". Et encore : "Mandrin est celui qui prend à ceux qui ont trop pour le donner à ceux qui n'ont pas assez. » Depuis la Savoie et le Dauphiné jusqu'à l'autre bout du royaume tout un petit peuple suit en pensée la geste des cavaliers de l'illicite connus par les récits de veillées, les complaintes, les rondes et les chansons".
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