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Nathalie Pottier, une femme dans l’espace
Thèmes les métierssergio palumbo - 21/09/2007

Nathalie Pottier, une femme dans l’espace
Mise en ligne : Sergio Palumbo, 123 Savoie
Nathalie Pottier
Nathalie Pottier
Nathalie Pottier
1991 : elle décroche son bac C au lycée Jean Rotrou, à Dreux.
1997 : elle participe aux 40 ans du Spoutnik à Moscou, en présence du président Chirac.
1998 : elle écrit sa thèse de master en russe et reçoit les honneurs de l’Institut d’Aviation de Moscou.
1999 : au Centre de recherche de Huntsville, en Alabama, elle travaille en étroite collaboration avec la NASA.
Depuis 2005 : elle a rejoint les rangs de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), où elle occupe le poste d’ingénieur lanceur du programme Soyouz en Guyane.
Ingénieur à l’Agence Spatiale Européenne (ESA), à 33 ans Nathalie Pottier parle cinq langues et rêve de faire partie de la prochaine expédition à bord de la Station Spatiale Internationale. Rencontre avec une Française au parcours atypique, qui l’a conduite d’Ukraine aux Etats-Unis, via la Russie.

Elle a les pieds sur terre, mais la tête dans les étoiles. Déjà, à la maternelle, elle était fascinée par les trainées blanches que les avions laissaient derrière eux, dans le ciel. C’était décidé : plus tard, elle aussi, elle irait au-dessus des nuages… A 17 ans, son bac scientifique en poche, elle rêve toujours de partir à la conquête de l’espace. Elle inquiète sa famille et ses amis lorsqu’elle leur apprend qu’elle va quitter la France pour l’Ukraine. Un pays qu’elle situe tout juste sur une carte, mais dont elle ignore les coutumes, la culture et bien sûr la langue. Peu importe : Nathalie Pottier s’inscrit dans une université où l’on forme des ingénieurs et des physiciens. " Car pour moi, explique-t-elle, au tout début des années 1990, il fallait soit partir aux Etats-Unis soit en URSS pour tout savoir sur l’espace ". Elle choisit l’exil vers l’Est. Une expérience humaine avant tout, puisqu’elle apprend à vivre avec des tickets de rationnement.

Les 40 ans du Spoutnik en présence de Jacques Chirac
De retour en France, elle valide ses acquis ukrainiens. Mais cette aventurière, qui n’a pas froid aux yeux, s’ennuie dans l’Hexagone. Alors elle repart : pour Moscou, cette fois, où les instituts d’études spatiales sont désormais ouverts aux étudiants étrangers. Nathalie Pottier reste trois années à l’Institut d’Aviation de Moscou (MAI), où elle aura l’occasion de participer aux 40 ans du Spoutnik, en présence du président Jacques Chirac. Son meilleur souvenir de cette période ? " Lorsque j’ai été en liaison avec la station spatiale MIR : je n’avais que 23 ans… ", raconte-t-elle avec émotion. Un nouveau diplôme en poche, avec les félicitations du jury russe, Nathalie Pottier a de nouveau envie de bouger, de prendre l’air, de confronter son savoir à celui d’autres étrangers. Des Américains, par exemple. Elle s’envole alors jusqu’en Alabama : pendant deux ans, elle travaille sur un projet de la station spatiale pour les Américains, en partenariat direct avec la NASA. " Les Américains m’ont apporté un autre regard et une autre culture sur l’espace ", confie-t-elle. Puis, les Européens font appel à son talent et à sa jeunesse. Elle rejoint alors le Centre technique de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) aux Pays-Bas en 2001. Avant de déposer ses bagages en France en 2005, au siège parisien de l’ESA, où elle travaille notamment aux côtés de Jean-Pierre Haigneré.

Des idees d’avant-garde
Aujourd’hui, quand elle montre son CV à des " chasseurs de têtes ", elle intrigue : on la juge instable ; elle répond qu’avoir la bougeotte c’est une preuve de dynamisme. Inclassable, tel un électron libre, Nathalie Pottier surprend et fascine. A 33 ans, cette grande brune au regard pétillant, qui a écrit sa thèse de master en russe et parle cinq langues : anglais, russe, ukrainien, espagnol et italien, détonne dans un univers essentiellement masculin et bien souvent plus âgé qu’elle. Ajoutons à cela l’avant-gardisme de ses idées : là aussi, elle dérange. Surtout quand elle imagine des passerelles entre le milieu très fermé des ingénieurs du spatial et celui des designers, des stylistes, des photographes, des cinéastes et autres musiciens que l’espace inspire également.

Pour l’heure, elle attend la prochaine sélection de spationautes pour partir dans la station spatiale internationale. Une station qu’elle connaît par cœur. Et pour cause : à l’ESA, elle occupe le fauteuil d’ingénieur lanceur du programme Soyouz en Guyane. Telle une petite fille émerveillée devant un magasin de jouets, ses yeux brillent à la simple évocation d’un tel voyage. Et ce d’autant qu’elle reste convaincue que la conquête spatiale n’en est qu’à ses débuts. Selon elle, il reste encore beaucoup à faire : " les fusées n’en sont qu’au stade de la locomotive dans l’histoire du chemin de fer "…


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