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Nutrition et obésité
Thèmes Actualitéssergio palumbo - 27/02/2008

Nutrition et obésité
Mise en ligne : Sergio Palumbo, 123 Savoie
Jeune
Assiette de viande
Frites
Oeufs
Nouvelles mesures pour 2008
et
Evaluation des messages accompagnant les publicités de l’industrie agro-alimentaire


La nutrition est l’un des facteurs majeurs contribuant à la survenue de diverses pathologies. Elle n’est pas l’unique cause de ces pathologies, mais en constitue un facteur favorisant, essentiel parmi d’autres facteurs d’environnement ou génétique. C’est un facteur pour lequel il est possible d’intervenir.
Si la nutrition représente un facteur de risque, elle peut aussi être un facteur de protection. Les grandes carences alimentaires, qui persistent dans de très nombreux pays en développement, conduisent à des malnutritions. Ces tableaux cliniques sévères, dont les images ont été largement médiatisées, ont, hors cas très particuliers, disparu en France et dans les pays industrialisés. La relation entre nutrition et santé est maintenant, dans nos sociétés industrialisées, d’une nature différente. Il s’agit le plus souvent d’excès, les carences ne concernant que des groupes particuliers (personnes âgées en institution, populations en situation de grande précarité, par exemple). L’alimentation et l’état nutritionnel qui en résulte participent de façon majeure à la survenue des maladies les plus répandues.

De nombreux facteurs influencent l’apparition des principales pathologies qui touchent les Français (maladies cardiovasculaires, cancers, obésité, diabète, ostéoporose…). Ils sont en partie liés à l’environnement et au mode de vie : tabagisme, alcoolisme, insuffisance d’exercice physique… Parmi ces facteurs, il est aujourd’hui bien établi que l’alimentation joue un rôle essentiel. Ce point est d’autant plus important que l’alimentation est un facteur sur lequel les possibilités d’intervention existent tant à niveau individuel qu’en termes de santé publique et de prévention (information sur la composition d’un régime alimentaire quotidien équilibré, renforcement de la formation des professionnels de santé, amélioration de la restauration scolaire…).

Il est aujourd’hui parfaitement établi que l’alimentation et l’état nutritionnel participent de façon essentielle au développement et à l’expression clinique des maladies qui sont aujourd’hui les plus répandues en France, comme dans l’ensemble des pays industrialisés :
Près d’un adulte sur 5 présente une cholestérolémie supérieure à 2,50 g/l.
Les maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux…) sont aujourd’hui la première cause de mortalité en France (32 % des décès), à l'origine de près de 170 000 décès chaque année.
Les tumeurs malignes représentent 29 % de l’ensemble des décès chez l’homme et 23 % chez la femme. Le nombre de nouveaux cas est estimé 280 000 par an. La nutrition intervient sur certains types de cancers (notamment oropharyngés et digestifs)
L’ostéoporose, qui entraîne une fragilité osseuse exposant les patients à un risque de fractures (en particulier du col du fémur) concernerait 10 % des femmes à 50 ans, 20 % à 60 ans et 40 % à 75 ans.
La prévalence du diabète, tous âges confondus, est estimée entre 2 % et 2,5 % de la population générale (plus de 80 % des diabètes sont liés à des surcharges et à des déséquilibres nutritionnels).
L’hypercholestérolémie concerne près d’un adulte sur cinq (supérieure à 2,50 g/1).
La surcharge pondérale et l’obésité
L’obésité correspond à une augmentation excessive de la masse grasse de l’organisme dans une proportion telle, qu’elle peut avoir une influence sur l’état de santé (IOTF, 1998). La mesure de référence internationale actuelle est l’indice de masse corporelle (IMC) [ou indice de Quételet ou Body Mass Index (BMI)], égal au rapport du poids (en kg) sur le carré de la taille (en mètres) (IMC = P/T2 en kg/m2). Ce choix repose principalement sur les associations entre, d’une part IMC et pourcentage de graisse corporelle, et d’autre part IMC et taux de mortalité. Chez l’adulte, on considère actuellement que :
- l’intervalle de l’IMC associé au moindre risque pour la santé est situé entre 18,5 et 24,9 kg/m2 ;
- le " surpoids " correspond à l’intervalle d’IMC entre 25 et 29,9 kg/m2 ;
- " l’obésité " est définie par un IMC > ou = 30 kg/m2 quels que soient l’âge et le sexe;
- " l’obésité sévère " par un IMC supérieur à 35 kg/m2 et inférieur à 40 kg/m2 et " l’obésité massive " par un IMC supérieur à 40 kg/m2.
Certaines limitations de l’utilisation de l’IMC sont à mentionner. Sur de larges échantillons, il existe en général une bonne corrélation entre l’IMC et le pourcentage de graisse corporelle. Cependant, lors de comparaisons entre populations très différentes, l’IMC qui est avant tout une mesure de corpulence ne renseigne qu’imparfaitement sur la composition corporelle (masse grasse, masse maigre). D’autre part, l’IMC ne mesure pas la répartition du tissu adipeux dont dépend, en partie, le risque de complications associées à l’obésité. C’est notamment le cas de l’adiposité abdominale, mesurée par le tour de taille ou par le rapport tour de taille/tour de hanches, qui est associée à une augmentation de la mortalité cardiovasculaire.

Chez l’enfant, l’obésité peut se définir par des valeurs supérieures au 97ème centile de la distribution de l’IMC pour une classe d’âge donnée (WHO, 2000) ; par exemple, à l’âge de 10 ans, l’obésité est définie, en France, par une valeur de l’IMC supérieure ou égale à 20 kg/m2 (valeur correspondant, à cet âge, au 97ème centile de la population de référence française).

Les pathologies liées à l’obésité
Reconnue par l'OMS comme une maladie grave à l'origine de complications sévères parfois mortelles, l’obésité est un enjeu majeur de santé publique à l’échelon mondial. Plus la quantité de graisses dans le corps est importante, plus l’organisme a besoin d’insuline. Au-delà d’un seuil, la production d’insuline est dépassée, c’est le développement du diabète :
Une personne obèse a trois fois plus de risque d’être diabétique qu’une personne non obèse.
Plus de 80% des diabètes de type 2 peuvent être attribués à l’obésité.
L’excès de sucre expose alors à l’hypertension artérielle (HTA), aux infarctus cardiaques, aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), à des problèmes d’ophtalmologie et des risques de plaies cutanées notamment des pieds.
Les problèmes respiratoires concernent les apnées du sommeil (pauses respiratoires de 5 ou 10 secondes avec 20 à 30% des sujets obèses (1/4) qui souffrent d’apnées du sommeil.
Les problèmes rhumatologiques peuvent être très handicapants, avec des douleurs fréquentes et des lésions d’arthrose sur les hanches, genoux et vertèbres.
L’excès de graisses dans le sang, avec hypercholestérolémie, souvent associée à l’obésité renforce les risques cardiovasculaires. L’excès de graisses dans les veines est à l’origine de jambes lourdes, de varices et de phlébites altérant la qualité de vie.
Différentes études montrent une relation entre excès de poids et tous les types de cancer chez l’homme, en particulier de l’estomac, et de la prostate ou du rein chez l’homme ou du sein et de l’utérus chez la femme.
Quelques chiffres concernant l’Union Européenne
- La France, les Pays-Bas et la Suède sont les pays où la prévalence de l’obésité infantile est la moins importante.
- Pour les adultes, en Allemagne, 20 % des adultes souffrent d’obésité, avec 66 % des hommes et 51 % des femmes en surpoids (étude 2005 – 2007).
- 75 millions d'enfants vivent dans l'Union européenne : 22 millions sont en surpoids, soit 29 % d'entre eux et 5,1 millions sont obèses, soit 6,8 % d’entre eux.
- Il y aurait 300 000 enfants obèses supplémentaires en Europe tous les ans (données de l'organisation internationale pour l'étude de l'obésité - OIEO),
- En Suède, 17,6 % des garçons et 27,4 % des filles de 6 à 11 ans sont en surpoids (étude - IASO - International Association for the Study of Obesity), les filles de 4 ans ont 6 fois plus de risque d'être obèses aujourd'hui qu'il y a 20 ans.
- Au Royaume-Uni, une des nations les plus touchées en Europe, 29 % soit 1 enfant ou adolescent sur 3 est en surpoids ou obèse.
Carottes
Orange
Pommes
Les mesures mises en oeuvre pour 2008
Réunion de concertation sur la publicité pour les aliments et les boissons diffusée au cours des programmes télévisés pour les enfants dès la première semaine de mars

Chez les jeunes, les conduites alimentaires responsables de surpoids ou d’obésité sont liées à plusieurs facteurs (place de l’alimentation et du repas dans la vie familiale, équilibre des menus, consommation d’aliments et de boissons sucrés ou salés en dehors des repas, déficit d’activité physique) parmi lesquels il est nécessaire de tenir compte du contexte promotionnel des aliments et produits manufacturés. La législation et la réglementation prévoient déjà que les messages publicitaires en faveur des boissons avec ajouts de sucre, de sel ou d’édulcorant de synthèse et des produits alimentaires manufacturés soient accompagnés d’une information à caractère sanitaire (loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique).

Il s’agit d’une mesure d’éducation nutritionnelle qui vise à sensibiliser le public général, notamment les enfants, et à faire connaître les repères essentiels en matière de nutrition, en particulier ceux mis en place dans le cadre du programme national nutrition santé (PNNS). Inscrite dans une démarche de prévention, cette mesure contribue à la lutte contre les pathologies associées à une alimentation déséquilibrée et une mauvaise hygiène de vie dont l’obésité. Plusieurs études réalisées par l’Institut national de promotion et d’éducation pour la santé (INPES) montrent une très grande acceptabilité d’une information sanitaire accompagnant les messages publicitaires en faveur des boissons avec ajouts de sucre, de sel ou d’édulcorant de synthèse. Mais les résultats dans ce domaine sont encore insuffisants et les changements de comportements que ces messages peuvent susciter peuvent être accentués par d’autres mesures d’accompagnement. Cette acceptabilité montre à l’inverse que les messages publicitaires sont également intégrés par jeunes.

Incitation au retrait des confiseries et des sucreries aux caisses
La capacité des jeunes et des enfants et leur grande mémorisation des publicités pour les produits sucrés en particulier les confiseries les amènent à solliciter leurs parents avec insistance lorsque leur sont présentés ces produits, tout particulièrement lors de l’attente en caisse. Les enseignes de la grande distribution seront donc appelées à ne pas disposer ces produits à proximité des caisses.

Nouvelles recommandations nutrition appliquées par une évolution réglementaire sur la restauration scolaire
La circulaire interministérielle du 25 juin 2001 relative à la composition des repas servis en restauration scolaire et à la sécurité des aliments formule des recommandations nutritionnelles. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) a mené une étude en 2005-2006, à la demande des ministères chargés de la santé et de l’agriculture, sur l’application de cette circulaire. Les résultats de l’étude, publiés en juillet 2007, montrent une connaissance insuffisante de la circulaire par les professionnels de la restauration scolaire ainsi qu’une faible mise en application.

Une évolution réglementaire sera proposée pour la prochaine rentrée scolaire, en lien avec les autres ministres concernés et en concertation avec les collectivités territoriales. Cette évolution réglementaire s’appuiera sur les recommandations nutritionnelles émises par le GPEMDA (Groupement Permanent d'Etudes de Marché sur les Denrées Alimentaires), devenu en 2007 le GEMRCN (Groupe d'Etude des Marchés de Restauration Collective et de Nutrition). Il s’agit d’améliorer la qualité des repas sans surcoût. Ce groupement, composé d’experts et de représentants d’agences et de ministères concernés (économie, finances et emploi ; agriculture et pêche ; santé, jeunesse et sports) émet de recommandations et des guides techniques à l’attention des acheteurs publics pour leurs cahiers des charges et leurs contrats avec leurs fournisseurs. Par exemple, ces recommandations concernent l’augmentation des apports en fibres et en vitamines, des apports en fer, des apports calciques et la diminution des apports lipidiques, la qualité de la composition du repas du midi avec un plat principal à base de viande, de poisson ou d’oeufs complété par des produits laitiers.

Les recommandations rappellent que l'équilibre alimentaire se construit sur le long terme et non sur un seul repas, d’où la demande d'élaborer des plans de menus sur 20 repas successifs et non pas sur une seule journée.

Installation de l’Observatoire de la qualité alimentaire
La mise en place de l’OQALI fait suite aux résultats de l’étude de faisabilité et de préfiguration réalisée par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) à la demande des trois ministères concernés (agriculture et pêche ; santé, jeunesse et sports ; économie, finances et empli). Cet observatoire aura pour objectif de suivre l'évolution de la qualité de l’offre alimentaire, sur le plan nutritionnel (composition nutritionnelle, taille des portions…) et sur le plan socio-économique (prix, segments de marché…). Il permettra d’effectuer notamment la surveillance des engagements nutritionnels des acteurs économiques conformément à ce qui est prévu dans le PNNS2.

Il s’agira d’une structure sans personnalité juridique pour une durée de deux ans, sous la responsabilité conjointe de l’INRA et de l’AFSSA qui la mettent en oeuvre en lien avec les professionnels des secteurs alimentaires. Il pourra évoluer vers un Groupement d’Intérêt Public. Une convention cadre est en cours de signature entre les services des ministères concernés (direction générale de l’alimentation - DGAL -, direction générale de la santé - DGS - et direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes - DGCCRF), l’INRA et l’AFSSA. La DGAL et la DGS verseront chacune 450 000 € en 2008.

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