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"Ne comptez pas sur moi pour vous faire des cours de stratégie météo. Parce qu'à ce petit jeu, on perd souvent. Et puis, ceux qui sont le plus à même d'en parler, ce sont bien évidemment les coureurs". Jean Maurel, directeur de course préfère nous affranchir de la conception de sa fonction : veiller à la bonne sécurité de l'épreuve, anticiper sur les éventuelles difficultés, donner le "la" de l'ambiance de course. Et où peut-on mieux le décrire que depuis le balcon arrière d'un bateau accompagnateur ?
Mais suivre une course demande des trésors d'ingéniosité. Il faut pouvoir suivre le rythme de la course, être capable de retransmettre des informations fiables, de se déplacer d'un bord à l'autre du plan d'eau. "Pour cela, tout dépendra des vitesses respectives de notre bateau et de la flotte. Dans ce domaine, nous n'avons pas de certitudes. Ce sont les conditions météos qui vont dicter notre conduite". Comme dans toute première, il y aura des corrections et des adaptations. A bord, ils sont six à vivre l'aventure de l'intérieur : Marcel Mochet, journaliste à l'AFP, transmettra les clichés, Christophe Cassagne, de Sea Events, les images vidéos quand Jean Maurel lui-même, glissera ses impressions sur l'ambiance de course. Ils seront accompagnés par trois hommes d'équipage d'Etoile Filante. Mise en place des relais de transmission, embarquement de fuel supplémentaire pour parer les dépenses d'énergies consécutives aux transmission d'images et d'informations, vérification des procédures de correspondance entre le directeur de course et le PC Course, le travail ne manque pas à bord du bateau armé par Bob Escoffier pour l'occasion. Etoile Filante est un catamaran de croisière de 60 pieds, sur plan Joubert-Nivelt. Conçu pour de la croisière rapide, il possède une cellule de vie centrale et quatre couchettes réparties dans les deux coques. A son bord, Bob Escoffier a participé à la Route du Rhum 1998.
En cette veille de départ, la foule est encore venue en nombre arpenter les quais du port de pêche de Concarneau. Pendant que les équipages bricolent, curieux et passionnés se côtoient dans un heureux mélange des genres. Il y a là des familles venues engranger quelques minutes de rêve, les habitués des pontons qui retrouvent des connaissances. On y parle tactique de course, on suppute les chances des uns et des autres, on évoque les éditions précédentes. Il y a là quelques anciens vainqueurs venus faire un salut amical à leurs camarades de jeux : Alain Gautier, Roland Jourdain, Karine Fauconnier entre autres, n'ont pas manqué le rendez-vous de Concarneau.
Météo, boulot et dodo ! A la veille du grand départ, les 26 équipages de la 9ème Transat AG2R ont pris un rythme très studieux. Tandis que les préparateurs s'activent sur le pont des monotypes, les 52 marins en ont pour la plupart fini avec l'avitaillement. Entre deux petites siestes pour engranger un peu de repos, ils bûchent aussi sur les cartes et modèles afin d'envisager leur stratégie pour le début de course et la manière d'aborder le golfe de Gascogne. Demain, à 14h tapantes, il sera temps d'y aller, de s'élancer à la conquête des alizés pour rejoindre Saint Barth 3 710 milles plus loin. A quelle sauce vont-ils donc être mangés ? Près ou portant ? Que va faire le centre dépressionnaire situé hier sur le Nord de l'Espagne ? A 24h du départ les cartes et modèles s'accordent enfin pour dire que ce système peu actif va générer des conditions plutôt favorables. Les Figaro vont pouvoir ouvrir les voiles et descendre au plus vite vers le cap Finisterre. C'est ensuite que les choses se compliquent. Place à la tactique avec le passage d'un front qui fait dire à de nombreux skippers que c'est encore la bouteille à l'encre.
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