| Transat AG2R : Tant qu'il y aura des hommes |
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 | |  | | Mise en ligne :
Sergio Palumbo,
123 Savoie
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| |  | |  | | Financo au large du Portugal
© Marcel Mochet/AFP
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| |  | |  | | Celeos au large du Portugal
© Marcel Mochet - AFP
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| |  | |  | | Trophée AG2R de la Performance solidaire du 29 avril 2008
Gedimat (Armel Tripon & Dominic Vittet) avec 232,9 milles parcourus en 24h
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 | |  | | L'abandon de NIVEA Athlètes du Monde vient de rappeler brutalement, que la Transat AG2R n'est pas qu'une affaire de stratégie, de rapidité de manoeuvres, de vitesse. Elle met aussi aux prises des équipages qui doivent composer avec l'apprentissage du caractère de l'autre, avec les déceptions qui touchent tout le monde du premier au dernier. Elle rappelle qu'une course, c'est un niveau d'exigence fort, de même qu'une pression formidable sur les épaules des navigateurs.
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|  | |  | | Vidés, sans plus de goût pour la suite de l'aventure. L'équipage de NIVEA Athlètes du Monde jette l'éponge. Gilles Favennec compte quand même derrière lui deux campagnes de la Coupe de l'America, une Solitaire du Figaro et une Transat Québec Saint-Malo. Jean Galfione est, quant à lui, habitué de la pression des compétitions de très haut niveau. Et pourtant, malgré des mois d'entraînement en commun, la mer et la compétition ont eu raison de la très grosse envie de cet équipage atypique qui partait avec beaucoup d'humilité sur cette épreuve. Jean Le Cam, vieux routier de la course au large ne déclarait-il pas à l'issue de son dernier Vendée Globe : "Ce n'est pas de faire un tour du monde qui est difficile. C'est de le faire en étant toujours sous la pression du résultat". Peut-être, qu'au final, l'envie de se dépasser a-t-elle poussé les deux navigateurs à se rendre au-delà des limites qu'ils s'étaient eux-mêmes imposés au départ. Peut-être, se sont-ils, comme on le dit familièrement, mis dans le rouge à force de volonté de bien faire. La Transat AG2R est comme toutes les courses de haute mer : elle demande une discipline personnelle, une certaine forme d'abnégation, la capacité à surmonter les vents contraires au propre comme au figuré. Cet abandon rappelle qu'en mer, il n'existe pas de loi immuable et que rien n'est écrit à l'avance.
Pendant ce temps, la course continue avec son lot d'incertitudes. Interrogé aujourd'hui, même Nicolas Troussel, toujours leader sur Financo avouait ne pas avoir été depuis longtemps aussi dubitatif sur la stratégie à venir : "C'est vraiment aléatoire. On ne peut pas tout analyser. Nous tentons la trajectoire médium la plus cohérente". Qu'il se rassure, à l'autre bout du plan d'eau Erik Nigon sur AXA Atout Coeur pour Aides, n'en menait pas plus large. "C'est un peu l'angoisse. On ne sait pas trop où aller. Pourtant c'est large. Nous sommes entre les Canaries et Saint Barth. On attend des conditions établies. On se pose la question. Nous étions partis avec une option radicale vers le sud. Mais l'anticyclone nous barre la route". Autant dire que rien n'est figé et qu'il va falloir attendre encore plusieurs jours avant que les stratégies des uns et des autres se décantent. Il en est pourtant quelques uns qui semblent se porter à merveille, acceptant avec un certain fatalisme les aléas d'une situation météorologique définitivement complexe. Gwen Riou sur Les Mousquetaires démontrait ainsi que l'osmose pouvait se faire naturellement entre un "petit jeune qui en veut" et un taulier de la course hauturière : "On régate bien. Je viens de me réveiller. C'est pour ça que je suis bien décontracté. Je viens de manger donc je suis en forme. On regardait le dernier classement. Il ne faut pas se faire d'idée préconçue. Nous ne sommes pas très Sud. On régate correctement. On est dans un bon créneau".
Sur le grand jeu d'échec de la Transat AG2R, à chacun ses stratégies : si Financo, Gedimat et Défi Mousquetaires semblaient bien calés au nord-ouest, Suzuki, Cercle Vert et Les Mousquetaires semblaient opter pour des trajectoires à responsabilité limité sur une stratégie plus médiane. Quand au sud, Sojasun, SNEF - Cliptol Sport ou bien encore Concarneau Saint-Barth investissaient massivement quitte à risquer le dépôt de bilan. Faut-il thésauriser, savoir faire le grand tour avec le mors aux dents. Qui vivra verra ! Une chose est certaine : la mésaventure de l'équipage de NIVEA Athlètes du Monde rappelle qu'au bout du compte, c'est toujours l'océan qui corrige les devoirs.
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 | |  | | Athema - Erwan Tabarly (3ème au classement de 17h)
"Nous sommes sous le vent de Gedimat, à 7-8 milles. Il y a toujours de l'air. Nous sommes contents. On a réduit l'écart avec les premiers. Les bateaux sont bien étalés entre le Nord et le Sud. Il va falloir regarder dans deux ou trois jours si les différentes options vont payer. Nous avons des remises en questions permanentes à chaque fichier météo reçu. Finalement, est-ce que ça passera mieux au nord ? Au sud ? On se demande si les alizés vont s'établir. Sinon on continuera de jouer dans le nord. Pour l'instant, nous trouvions l'investissement un peu trop cher dans le sud. Les plus menaçants à trois jours sont Financo et Défi Mousquetaires dans le nord. J'ai du mal à croire que SNEF, Concarneau-Saint-Barth et autres puissent rattraper leur retard dans le sud. En ce qui concerne le groupe Suzuki, Cercle Vert et Les Mousquetaires, je ne sais pas trop ce qu'ils vont donner".
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| |  | |  | | Thierry Chabagny
© Marcel Mochet - AFP
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 | |  | | Suzuki Automobiles - Thierry Chabagny (4ème au classement de 17h)
"Nous sommes sous le soleil, sous spi. Ce n'est que du bonheur. Les trois derniers jours étaient compliqués en termes de météo. Ce n'est pas simple. D'ailleurs l'état de la flotte sur le plan d'eau montre bien que personne ne sait réellement quelle va être l'évolution. La différence en latéral va se faire suivant le moment de l'empannage. Cela peut être décisif sur la façon de récupérer le vent pour Saint Barth. Il y a du suspense. C'est un moment clé. Nous regardons des deux côtés. Il y a des bons meneurs. C'est important de suivre chaque classement et l'évolution de la météo, en comparaison avec les autres bateaux afin de voir qui a raison. C'est un peu dur à vivre. Le plan d'eau est bien élargi. La météo est incertaine. En plus il y a une part de loterie que l'on ne contrôle plus. Ceux qui sont au Nord doivent avoir peur de ne pas descendre. Le danger avec la route Nord est le défilement des dépressions. Ce n'est pas tout de se retrouver à New York, mais il faut pouvoir redescendre. On va prendre prés d'une trentaine d'heures avec du vent soutenu. Nous ne sommes plus en short pour très longtemps. On sait que l'on va souffrir. On anticipe en faisant un check de tout le bord. Mais à bord on rigole bien. Ca nous fait les abdos. Comme le classement est bon, nous sommes plutôt de bonne humeur".
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