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Mise en ligne :
Sergio Palumbo,
123 Savoie
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Trophée AG2R de la Performance solidaire du 3 mai 2008 :
Concarneau Saint-Barth (Eric Péron & Miguel Danet) avec 144,8 milles en 24 heures.
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Cercle Vert
© Marcel Mochet/AFP
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Gedimat
© E.Rousseau
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En ce treizième jour de course, les marins de cette Transat AG2R 2008 seraient bien tentés de consulter névrotiquement leurs porte-bonheur divers : fers à cheval, amulettes, trèfles à quatre feuilles devraient être de sortie. Tradition oblige, seules les pattes de lapin n'ont pas droit de cité à bord. Autoroute du sud, chemin de croix du nord ou sentiers buissonniers du centre, l'Océan Atlantique tarde à rendre son verdict. Même si quelques tendances se dessinent.
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Les choses se décantent. Les sudistes commencent à ressentir le souffle puissant de l'alizé et vont commencer à regarder les compteurs, sortir les calculettes pour voir s'ils peuvent espérer combler leur retard. Les nordistes lorgnent sur une porte de sortie vers la route du sud. Quant aux centristes ils espèrent voir leur gestion de bons pères de familles rapporter les fruits qu'ils attendent. Mais, qu'on ne s'y trompe pas, les jeux sont loin d'être faits. Chacun épie l'autre du coin de l'oeil, seuls quelques équipages semblent avoir fait leur deuil d'une possible victoire finale. Armel Tripon l'affirmait crûment à la vacation de ce jour : "Nous avons fait un nouveau choix suite à une évolution radicale de la météo. On a du changer notre fusil d'épaule. On pensait aller dans une impasse. La situation au nord a évolué. Etant donné le blocage qui s'est créé, on a décidé de partir au sud. On y croyait à notre option nord et avions plaisir à y croire. On a pu se recentrer avant. Nous espérons pouvoir récupérer la bordure anticyclonique. On a tiré un trait sur la victoire". Pas d'amertume néanmoins pour l'équipage de Gedimat : les deux navigateurs savent trop combien le jeu de la course au large peut être parfois cruel. Ils savent aussi qu'entre un tour de force et un tour de cochon, la seule différence tient parfois à un brin de réussite. Pour autant certains continuent de croire en leur bonne étoile à l'image des deux jeunes culottés de Défi Mousquetaires. Thomas Rouxel refusait ainsi de tirer un trait sur la route nord : "Ce n'est pas une route facile avec les conditions que nous avons actuellement dans le nord. Plus ça va, plus ça devient difficile. Le vent a un peu molli. Nous sommes toujours au près avec un vent de 15 à 20 noeuds. C'est possible que l'on arrive tous en même temps". L'équipage avait d'ailleurs d'autres soucis à gérer comme le renversement d'un pot de pâte à tartiner ! Quand on ne souffre que de type de contingences matérielles, c'est que le capital confiance n'est pas totalement écorné...
D'autres reprennent des couleurs : à bord de Sojasun, Liz Wardley retrouvait, de son accent inimitable, la verve des grands jours : "Nous sommes revenus dans le sud. Nous pensons avoir touché les alizés. Le bateau va plus vite, avec plus de pression. C'est cool !" Vite dit, bien dit. Dans le sud, tout va bien. A la vitesse retrouvée, les sudistes ajoutent aujourd'hui un cap plus conforme à leur objectif : la baie de Gustavia et le port de Saint-Barthélemy. Pour autant tous jettent un oeil sur les centristes et le nom de Cercle Vert revient de manière insistante dans les propos des différents navigateurs. C'est d'ailleurs un Jean Le Cam particulièrement facétieux qui répondait à la vacation de ce jour : "On a fait une vidéo spéciale pour Jean Castagne (Christophe Castagne, chargé du suivi vidéo des bateaux). C'est une spécial Jean de mer. On a terrassé les autres Jean de mer comme Jean Maurel qui nous poursuivait avec son cata et qui a posé ses armes à Madère. Quant à Jean Galfione il a aussi posé ses armes. Il ne reste plus qu'un Jean. Je me demande ce qui risque de m'arriver !". Ceux qui connaissent le formidable compétiteur qu'est Jean Le Cam peuvent se faire du souci. Même son de cloche à bord de Lenze où Franck Le Gal avouait son contentement d'être là... Pour être de si bonne humeur, les centristes doivent imaginer qu'ils tiennent leur destin bien en main !
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