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Transat AG2R : Des pavés dans locéan
Thèmes Sports - Loisirs Sports nautiquessergio palumbo - 05/05/2008

Transat AG2R : Des pavés dans l'océan
Mise en ligne :
Sergio Palumbo,
123 Savoie
Défi Mousquetaires
Défi Mousquetaires
© Benoît Stichelbaut
Athema
Athema
© Benoît Stichelbaut
Du Nord au Sud, la révolte gronde toujours. Mais pour l'heure, les 23 équipages de la 9ème Transat AG2R ont beau s'être éparpillés tous azimuts, et se barricader avec force et conviction derrière leur option, l'Atlantique reste décidément peu enclin à faciliter leur traversée. Il résiste de tous les côtés. Aux abords de la route directe dans des vents contraires, au gré de l'alizé sur des chemins détournés : dans des conditions radicalement différentes, le même vent d'incertitude l'emporte. Partout sur l'échiquier, les chances de s'échapper et de l'emporter peinent à se manifester. C'est l'anarchie, « la chienlit » presque. A l'aube des 1365 milles qu'il reste à parcourir pour les premiers, le suspense s'intensifie toujours plus.
Au Nord, six bateaux dominent encore et toujours le plan d'eau et le classement. Imperturbables, Financo & Co s'accrochent à leur position, aussi inconfortable soit-elle. Les uns comme les autres n'ont évidemment pas jeté leur espoir par-dessus bord. Bien mieux, ils persistent et signent. Au rythme des dépressions, ils tricotent laborieusement leur sillon. Ils tiennent bon et gardent leurs distances avec le reste de la flotte. Financo, Athema et Défi Mousquetaires, Atlantik FT ou encore Groupe Celeos progressent dans des vents contraires et sur des eaux mal pavées. Ils sont en quête d'"une porte de sortie » qui doit les conduire tout droit sur la route de Saint Barth. Pour eux, "la barricade ferme la rue, mais ouvre la voie". Ils y croient. Leur obstination et leur pugnacité ne manquent certainement pas de panache.

Huit cent milles plus bas, à des latitudes beaucoup plus douces et confortables, les partisans de la route du Sud récupèrent, eux, les premiers fruits de leur audace. Ils ont encaissé les milles, ils ont dégringolé dans les classements, mais affichent désormais des vitesses de progression qui doivent commencer à éveiller les craintes des bateaux plus timorés dans la quête de l'alizé. Ils ont fait le grand tour, salué les Canaries, longé le Cap Vert. Ils prouvent aujourd'hui qu' "exagérer, c'est commencer d'inventer". Ils dévorent les milles avec appétit et se régalent comme l'illustre volontiers le bon moral des marins de SNEF-Cliptol Sport. Ou mieux encore les journées à 245 milles parcourus de Concarneau-Saint Barth. Le speedo bloqué à 10-11 noeuds, ce dernier file comme un avion. Gageons que le slogan de Mai 68 : "Je prends mes désirs pour des réalités car je crois à la réalité de mes désirs" - raisonne à bord de toute son actualité. L'espoir fait vivre. Il donne des ailes. Difficile pourtant de dire jusqu'à quand Concarneau-Saint Barth et ses complices du Sud vont pouvoir grappiller des milles et des places. 400-450 milles valent toujours grosso modo deux jours de retard sur les premiers. C'est bien là le revers de leur réalité.

Au centre, les équipages qui ont misé sur une "route raisonnable" dans des eaux toujours aussi troubles ne lâchent rien non plus. Freinés hier dans le ventre mou de l'Atlantique, ils ont vu leur retard de nouveau se creuser sur la tête de flotte. Tous, de Cercle Vert à Sopra Group, en passant par Suzuki Automobiles ou Lenze, ont concédé une trentaine de milles sur les leaders du Nord. Ils progressent désormais entre 300 et 380 milles. Dans leurs tableaux arrières, les plus extrémistes reviennent en force. Mais l'alizé est bel et bien avec eux et nourrit leurs convictions. Un grand groupe du Sud se forme après deux semaines de course et met le cap sur Gustavia. En marche et en avant. Aura-t-il assez d'élan ? La route de Saint Barth reste semée de pièges et d'embûches. Mais, une certitude demeure. Du Nord au Sud, elle est le moteur de la flotte dans sa lente et laborieuse progression vers l'arrivée : "Sous les pavés, la plage".
Sopra Group - Antoine Koch (12ème au classement de 5h)
"Tout se passe bien, on a franchi la dernière zone sans vent, enfin… On espère que c'était la dernière ! Le vent commence à entrer, et j'espère que c'est aujourd'hui que nous commencerons à toucher les vents plus forts. Pour moi, le groupe du milieu, c'est-à-dire Cercle Vert, Suzuki Automobiles, Banque Populaire, Sopra Group, va croiser assez proche le groupe du Sud. Nous devrions ne faire qu'un paquet d'ici 24 ou 48 heures, et pour moi c'est ce groupe qui a le plus de chance d'arriver en premier. Le jour de notre arrivée est difficile à évaluer. Nous avons commencé à économiser la nourriture et l'énergie depuis le Cap Finisterre, car nous sentions que la course allait être longue ! L'organisation à bord se passe bien, d'autant plus qu'on a la chance d'avoir déjà navigué ensemble. On se connaît bien, on s'entend bien, on a confiance l'un en l'autre et donc on fait bien marcher le bateau. En revanche nous sommes toujours très concentrés pour mettre nos choix stratégiques en place. Et ce n'est pas fini, le chemin est encore long et nous attendons des nuits sans lune avec des alizés forts. Nous sommes content de notre positionnement, depuis Madère nous sentons que nous sommes dans le bon groupe".
SNEF et Cliptol Sport
SNEF et Cliptol Sport
© Gilles Martin-Raget
Sopra Group
Sopra Group
© Yvan Zedda
Sopra Group - Antoine Koch (12ème au classement de 5h)
"Tout se passe bien, on a franchi la dernière zone sans vent, enfin… On espère que c'était la dernière ! Le vent commence à entrer, et j'espère que c'est aujourd'hui que nous commencerons à toucher les vents plus forts. Pour moi, le groupe du milieu, c'est-à-dire Cercle Vert, Suzuki Automobiles, Banque Populaire, Sopra Group, va croiser assez proche le groupe du Sud. Nous devrions ne faire qu'un paquet d'ici 24 ou 48 heures, et pour moi c'est ce groupe qui a le plus de chance d'arriver en premier. Le jour de notre arrivée est difficile à évaluer. Nous avons commencé à économiser la nourriture et l'énergie depuis le Cap Finisterre, car nous sentions que la course allait être longue ! L'organisation à bord se passe bien, d'autant plus qu'on a la chance d'avoir déjà navigué ensemble. On se connaît bien, on s'entend bien, on a confiance l'un en l'autre et donc on fait bien marcher le bateau. En revanche nous sommes toujours très concentrés pour mettre nos choix stratégiques en place. Et ce n'est pas fini, le chemin est encore long et nous attendons des nuits sans lune avec des alizés forts. Nous sommes content de notre positionnement, depuis Madère nous sentons que nous sommes dans le bon groupe".

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