| Transat AG2R : A moitié vide, à moitié pleine | | Transat AG2R : A moitié vide, à moitié pleine |
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 | |  | | Mise en ligne :
Sergio Palumbo,
123 Savoie
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|  | |  | | Trophée AG2R de la Performance solidaire du 5 mai 2008 :
Concarneau Saint-Barth (Eric Péron & Miguel Danet) avec 241,4 milles en 24 heures
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| |  | |  | | Défi Mousquetaires
© Benoît Stichelbaut
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 | |  | | Statu quo hier soir sur la flotte ou presque : au nord, les acharnés de la route directe continuent de tracer leur sillon et manifestent leurs inquiétudes malgré un matelas de milles qui ferait envie à un usurier. Au centre, on tente de gagner dans le sud mais les dernières vingt-quatre heures n'ont pas toujours été à la hauteur des espérances. Au sud, on fonce pour espérer rattraper son retard. Mais personne n'est sûr de rien !
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|  | |  | | L'équipage de Concarneau Saint-Barth se prendrait-il pour l'animal à longues oreilles d'Alice au Pays des Merveilles ? "En retard, je suis en retard". Concarneau Saint-Barth, l'oeil rivé sur sa montre oignon, affole les compteurs et se dirige d'un pas pressé vers la petite compagnie des supporters de Miguel Danet. Et pour l'heure, aucune Alice n'arrive à suivre son rythme. Au passage, l'équipage engrange jour après jour le Trophée AG2R de la Performance solidaire qui récompense la meilleure performance du jour. Cela sera-t-il suffisant pour combler leur déficit ? Ce n'est pas sûr, mais nombre de marins commencent à lorgner dans la direction d'Eric et Miguel qui, s'ils ne gagnent pas, pourront toujours se dire, tel Cyrano, qu'ils emportent avec eux leur panache. De panache, la flotte du nord n'en manque pas non plus : accepter de gravir l'Atlantique par la face nord, d'enquiller comme des braves des milles au près quand d'autres choisissent le chemin des écoliers pour débouler dans les alizés, témoigne pour le moins d'une sacré force de conviction. C'est ce qu'exprimait Erwan Israël à bord de Défi Mousquetaires : "On a eu la bonne nouvelle de voir Athéma ce matin. C'est assez sympa. Il y a eu deux jours difficiles mais le reste s'est bien passé. Nous n'étions pas avec les cirés. Nous avions 15 noeuds. Il y a deux ou trois fois où l'on s'est demandé ce que nous faisions là. Mais on est content de notre option. On fera les comptes dans quelques jours". Même son de cloche à bord de Dégremont Suez source de talents : "On a une route mal pavée. Ca fait quasiment 10 jours que nous sommes au près. On devrait enfin toucher du vent portant à partir du 6 ou du 7, mais ça reste une route compliquée. On joue plutôt une route nord directe", témoignait Alexandre Toulorge. Avant de reconnaître que "dans les moments difficiles on se soutient. On apprend à se connaître". Ce n'est pas la pluie qui tombe sans cesse sur Brest, Oh ! Barbara, mais on a connu des jours plus confortables.
Plus au sud, l'heure des comptes approche. Les rescapés de l'option nord, emmenés par Cercle Vert et Suzuki Automobiles tentent de rallier l'autoroute au plus vite. Visiblement, quelques menus travaux sur la bretelle d'accès ont rendu leur progression plus difficile que prévue. "Notre position n'est pas évidente. On fait encore un peu de sud pour toucher l'alizé mais on a du mal à y arriver. Nous faisons un peu moins de route avec un peu moins de vent. On est focalisé sur les gens du sud car le vent est établi jusqu'à l'arrivée". De toute évidence, le péage du chemin de la délivrance semble devoir se payer au prix fort, cette année. Pendant ce temps, les inconditionnels de la route du sud persistent et signent comme l'équipage de Sojasun qui expliquait sa volonté de continuer à se décaler dans le sud pour rester constamment avec plus de pression que ses petits camarades de jeu. A ce petit jeu de dupes, la langue de bois reste un sport favori. On veut bien avouer ses inquiétudes mais on les travestit, il s'agit de ne pas se trahir, de ne pas donner prise aux autres équipages qui doutent forcément tout autant. Seuls quelques vieux routiers jouent le jeu de la transparence tel un Dominic Vittet qui avouait avoir perdu ses illusions sur la route nord. Pour l'équipage de Gédimat, il s'agissait de plonger au sud pour tenter de coiffer sur le poteau les anciens collègues de misère. S'il s'avérait qu'Armel et Dominic avaient raison, cela voudrait dire que la route du sud l'aurait emporté et que les leaders de la course depuis le Cap Finisterre baisseraient pavillon. Et Dominic Vittet d'ajouter : "Il existe une certaine cruauté sur cette Transat". Parole de sage.
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 | |  | | Gedimat - Dominic Vittet (7ème au classement de 11h)
"Ca tourne un peu au vinaigre pour la partie nord de la flotte. Il y a tout de même presque 1 000 milles d'écart entre le plus au nord et le plus au sud. Ils ne peuvent pas traverser la flotte. La seule issue est de toucher du vent dans l'ouest. Jusqu'à preuve du contraire, les gars du nord sont toujours en tête : 300 milles d'avance sur le groupe de Le Cam à 1 400 milles de l'arrivée. C'est considérable. Dans les deux ou trois jours qui viennent, le nord va vivre des heures extrêmement pénibles. La difficulté est de se dire que l'on a perdu. Nous avons des difficultés à rester motivé pour ne pas se prendre une trop grosse cartouche. Il faut rester concentré dans le truc. J'ai décidé depuis longtemps que cette transat serait ma dernière. Je ne suis pas éternel. J'ai passé la cinquantaine et j'ai encore beaucoup de projets. Je suis arrivé dans la voile par hasard et y suis finalement resté 30 ans. Il existe une certaine cruauté sur cette transat. C'est l'Atlantique qui décide et pas les coureurs. Il y a un peu une part de hasard. C'est aussi le charme de cette course".
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| |  | |  | | Sojasun
© Benoît Stichelbaut
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 | |  | | Sojasun - Nick Black (23ème au classement de 11h)
"Nous sommes descendus un peu plus sud que les autres pour essayer de récupérer un peu plus de pression. Au niveau nourriture, ça devrait aller. Il va falloir faire attention mais il y a de quoi aller jusqu'au bout. Ca se passe très bien avec Liz. Elle est très sympa. C'est une navigatrice confirmée. On a vraiment de bonnes relations. On pense arriver dans sept jours à Saint Barth'".
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 | |  | | Degremont Suez Source de talents - Alexandre Toulorge (5ème au classement de 11h)
"On a une route mal pavée. Ca fait quasiment 10 jours que nous sommes au près. On devrait enfin toucher du vent portant à partir du 6 ou du 7, mais ça reste une route compliquée. On joue plutôt une route nord directe. L'alizé a l'air d'être bien établi au sud, mais il est assez bas. Ce n'est pas simple. J'ai l'impression que ça va se jouer à 2 jours de l'arrivée. Nous avons le moral. Le bateau n'a pas trop souffert. Nous n'avons rien cassé à bord. Dans les moments difficiles on se soutient. On apprend à se connaître. Nous n'avons pas de soucis à bord".
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