Capitale historique de la Tarentaise |
André Armand
Mise en ligne : Sergio Palumbo, pour 123 Savoie
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échos d'une sortie culturelle avec l'association " Art et Fugue " d'Argentine, et " Des Vendredis du Savoir " du canton de Chamoux.
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"Avoir une autre vision du patrimoine architectural le replacer dans son environnement local et dans l'évolution des mentalités " : c'est l'objectif d'une formule qui tend à se généraliser depuis plusieurs années à Argentine avec 'Art et Fugue'. Les visiteurs veulent vérifier sur le terrain la véracité de leurs connaissances. Cette culture de proximité élargit considérablement l'appréciation de la petite et la grande histoire du pays ! La visite des sites historiques de Savoie réserve toujours des moments d'émotion et de surprises. La première condition est liée à la réussite d'une visite est un état d'esprit, un état d'éveil, et surtout un facteur déterminant : prendre le temps d'écouter et de se laisser imprégner par le commentaire du guide conférencier.
En octobre dernier, Jean-Paul Bergeri, attaché culturel à la commune de Moûtiers et animateur du Musée des arts et traditions populaires, était venu à Argentine pour présenter sa ville au cours d'une conférence, illustrée par des diapositives. Avec passion et professionnalisme, il avait passionné l'auditoire, venu de toute la Maurienne et de Combe de Savoie. A l'issue de cette soirée, il avait proposé d'organiser pour les participants des cantons d'Aiguebelle et Chamoux, une visite de la capitale historique de la Tarentaise. Le projet s'est concrétisé le 5 juin, avec mise à disposition d'un car. Moûtiers, capitale de la Tarentaise, de son nom latin "monastérium", ancienne Darantasia, tient ce rôle depuis le 4ème siècle, époque où la cité devient la capitale de la province des Alpes Graies. La ville prendra une plus grande importance avec l'arrivée du christianisme et l'installation d'un évêché vers 420. La ville est composée de nombreuses maisons religieuses et couvents. En 794, l'évêque devient archevêque et en 996, il acquiert le titre de Comte de Tarentaise, cumulant ainsi le pouvoir spirituel et le pouvoir civil.
Les archevêques comte de Tarentaise ont donné à la ville de Moutiers des armoiries, très significatives. A dextre (gauche) deux clefs traditionnellement symbole de l'apôtre Pierre, l'un des patrons de la cathédrale et patron du diocèse. Elles traduisent un attachement au Siège de Pierre dont l'archevêque recevait son autorité. Une lecture plus locale, est faite de ces deux clés. L'archevêque de Tarentaise également comte de Tarentaise, est à la fois chef spirituel et chef temporel. Ces deux clés traduisent ce double pouvoir. Liées d'un lac d'amour, un cordon, représente un pouvoir. A senestre, élément dit "mi-parti", un aigle impériale, aigle de sable (couleur noire) symbole du Saint Empire Romain Germanique. Ainsi, depuis le 11ème siècle, l'archevêque comte de Tarentaise était prince du Saint Empire. La commune de Moûtiers, à la rencontre de quatre vallées, a également tout au long de son histoire, tenu une grande place dans la vie économique avec ses commerces, ses artisans, ses halles grenette, quartier du commerce à grain, et mercière et l'organisation de foires et de marchés. Ses routes, ses petits passages, ses petites artères qui permettent de découvrir les quartiers anciens de la cité. la rue cardinale, vestige de la cité gallo-romaine. La place de l'Isère dans la vie moutiéraine avec les activités induites (moulins d'autrefois, hydroélectricité, canoë kayak), les ponts et les barioz (passages permettant d'accéder à l'Isère). La cathédrale Saint Pierre, de Moutiers, était une cathédrale fortifiée, dans une ville où il n'y avait pas de château fort. église mère du diocèse de Tarentaise, elle était dédiée à la Vierge, à Saint Paul et Saint Pierre. oeuvre composite, elle est un témoin de l'évolution des styles architecturaux puisque nous retrouvons du gothique mais aussi du néoclassique Les éléments extérieurs, un chevet, encadré de claveaux en tuf. Chaque arc retombe sur une console en pierre de gypse triangulaire qui a quelques motifs géométriques très simples. L'intérieur de style romane, possède un choeur prolongé par l'abside et deux tours au Nord et au sud. Une cathèdre, siège épiscopal en noyer, date du 15ème siècle, de style gothique est décorée d'ogives, d'ouvertures tréflées... La mise au tombeau, en bois d'arole polychrome date du 16ème siècle. Un tableau de Jacques Guille, "l'évêque Pierre II de Tarentaise (1102-1174) distribuant le pain de mai"... L'intérêt de cette sortie culturelle, comme le précise Jean Paul Bergeri, avec son enthousiasme légendaire, " c'est de mieux comprendre les grandes étapes du développement historique et urbanistique de Moûtiers. Il faut également cerner les enjeux culturels et touristiques de l'avenir de cette cité, qui a bénéficié d'un renom comme d'autres villes de Savoie, grâce à l'aventure olympique.
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