
photo : 123 Savoie - peinture murale église N.D. de Myans |  | Devant un tel engouement religieux, le choix d’Anthelme se porta vers Belley où il fut nommé sacristain, employé chargé de l’entretien de l’église et des objets de culte, principale dignité de la cathédrale.
Devant tant d’honneurs et de revenus, que sa position lui apportait en plus de son riche patrimoine, il sut rester simple. Beaucoup de personnes venaient le solliciter mais il était plus enclin à venir en aide aux pauvres. De ce fait sa maison devient vite une maison d’hospitalité où les misérables trouvaient constamment de quoi soulager leurs besoins.
Sa vie de dévotion lui laissa quelques désillusions. Le monde ne lui paraissait plus digne de ses regards. A force de méditation, il prend la résolution de renoncer au monde et à tout ce qu’il avait aimé. Il avait 25 ans, lorsqu’il se mit à visiter les monastères voisins principalement ceux des Chartreux. A force de visiter ces monastères, il se sentit de plus en plus proche d’eux. Il rentra dans les ordres vers 1135 par l’entremise de Bernard de Portes, évêque de Belley, de l’Ordre des Chartreux. |
En 1137, il reçut l’habit de chartreux et confia à ses amis, le soin de distribuer ses biens aux pauvres. Quelque temps après, un éboulement de neige, entraînant dans sa chute des rochers, détruisit presque en entier les cellules de la Grande Chartreuse et vit périr six religieux.
Hugues II, alors évêque de Grenoble, demanda à Anthelme de venir relever ces ruines et réparer un tel désastre. Arrivé sur place il n’est nullement déconcerté par les lieux isolés et hostiles, bien au contraire. Résigné aux ordres de ses supérieurs, il fut établi procureur de la Grande Chartreuse en 1138. Il s’acquitta de ses pénibles fonctions avec prudence, mais cela ne l’empêchât pas de suivre les règles de la communauté. Il s’employait à multiplier les activités manuelles car l’oisiveté était considérée comme source de beaucoup de vices. Dès les travaux manuels finis il rentrât dans sa cellule et c’était là dans le silence et la méditation, qu’il puisait les forces nécessaires pour triompher de toutes les difficultés et de tous les ennuis qu’il rencontrait dans le gouvernement des affaires temporelles. Il se chargeait si bien de sa tâche, qu’à l’âge de 33 ans il fut jugé digne d’en occuper la première charge.
Hugues 1er, alors Prieur de la Grande Chartreuse se démit volontairement de sa charge, pour se consacrer à la contemplation. Il désirait être remplacé par Anthelme. Quelques uns le trouvèrent sévère, mais tous se félicitèrent de l’avoir comme supérieur. On disait de lui qu’il était l’œil de l’aveugle, le bras de l’infirme et le pied du boiteux. Il s’évertua à suivre les traces de ses prédécesseurs. Sous son prieural, les Chartreuses se multiplièrent en France et à l’étranger. Il unifia aussi ces dernières qui étaient indépendantes les unes des autres et soumises aux évêques des diocèses. Il fit le premier chapitre de l’Ordre des Chartreux en rassemblant tout les Prieurs de chaque Chartreuse. Il fut reconnu par chacun d’eux comme Grand Prieur. Grâce à lui, l’Ordre acquit une grande réputation. Il fit reconstruire la Grande Chartreuse et la fit prospérer. Quand le siège épiscopal de Grenoble vint à être libre, l’élection du nouveau prélat donna lieu à des divisions au sein du diocèse. Les Chartreux crurent devoir intervenir, sans doute parce que l’évêque défunt était lui même chartreux. Mais certains disciples chartreux ennemis de la sévère discipline d’Anthelme, portèrent l’affaire devant le Pape Eugène III. Ils voulaient discréditer Anthelme. Son innocence fut reconnue et lui donna un surcroît d’autorité.
Après 12 ans, à la tête de la Grande Chartreuse il se retirât de ce rôle au bénéfice de Bazile de Bourgogne pour retourner au rang de simple Prieur. Il fut souvent appelé par Bazile afin de l’éclairer de ses conseils. Quelques années après, Dom Bernard de Varin, Prieur de Portes désirant se retirer, supplia vivement Anthelme de le remplacer. Ce dernier ne put rien lui refuser, car c’était lui qui lui avait donné l’envie de rentrer dans les ordres, de plus Anthelme était à l’origine de cette chartreuse. Il prit ses fonctions en 1153 et régenta celle-ci avec autant de rigueur que celle qu’il eut pour la Grande Chartreuse. Au bout de deux ans, il se retira de son rôle de Prieur de Portes pour revenir simple prieur à la Grande Chartreuse.
A la mort du Pape Adrien IV en 1159, les cardinaux, le clergé et le peuple portèrent Roland, chancelier de l’église Romaine, au poste de Pape. Il fut proclamé sous le nom d’Alexandre III, le 7 Septembre 1159.
Lors de son intronisation au titre de Pontife, il se vit retirer la chappe écarlate, signe de l’investiture pontificale, par Octavien. Ce dernier n’avait eu que deux votes de cardinaux, soutenus par l’Empereur Frédéric Barberousse. Alexandre III avait combattu les ambitions de ce dernier soutenant les intérêts du Pape. Cette élection provoqua un schisme. En 1161, un concile est convoqué à Toulouse. Les Rois de France et d’Angleterre, plus de cent évêques, un grand nombre de Seigneurs des deux nations, plusieurs cardinaux se déclarèrent pour Alexandre III et excommunièrent Octavien. L’Ordre des Chartreux exerçait une grande influence dans l’église. | 
En 1867, le Baron Angley, vendit la tour de la Biguerne et tout l’emplacement occupé par l’ancien château de Chignin, aux RR. Pères Chartreux qui élevèrent sur ses ruines, en conservant avec soins les anciens murs, une magnifique chapelle en l’honneur de St-Anthelme.
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Anthelme, aidé de Geofroy, abbé de l’Abbaye de Hautecombe écrivit aux abbés indécis pour leur expliquer la légitimité de l’élection d’Alexandre III. Sur cet entre fait, ce dernier fut remis sur le trône pontifical et le schisme prit fin.
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