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|  | - août 1857 : Inauguration de la percée du Mont-Cenis
Incarnation de la modernité au XIXème siècle, le chemin de fer est également perçu comme un gage de prospérité. Il est aussi l’occasion de tisser des liens économiques (capitaux nécessaires) et politiques avec les puissances étrangères (la France, le Royaume-Uni). Un vaste débat est engagé : la question fondamentale est le rôle pivot que doit tenir la Savoie entre France et Piémont.
- 14 janvier 1858 : Attentat d’Orsini
Un patriote italien attente à la vie de Napoléon III, lui reprochant de n’avoir pas tenu les engagements de la France à l’égard des "nationalités", en l’occurrence de la cause des patriotes italiens. L’imprévisible empereur va réorienter sa politique et s’intéresser davantage à la « question italienne ». C’est un tournant de la politique internationale.
- 21 juillet 1858 : Entrevue de Plombières
Conséquence directe de l’attentat d’Orsini, Cavour rencontre secrètement Napoléon III dans la station thermale des Vosges. L’Empereur promet assistance militaire au Piémont en cas de guerre (défensive) contre l’Autriche. En échange, Cavour promet la cession de la Savoie à la France. La question du comté de Nice est différée.
- 24 avril 1859 : Ultimatum de l’Autriche au Piémont - 2ème "guerre de libération"
Conformément aux espoirs de Cavour, l’Autriche exige du Piémont de cesser ses (provocatrices) |
démonstrations militaires. Cet ultimatum conduit à une déclaration de guerre de l’Autriche et permet l’intervention de la France.
- mai 1859 : Les troupes françaises traversent la Savoie
- mai / juillet 1859 : Campagne militaire victorieuse du Piémont et de la France
Sous le commandement militaire français, les Autrichiens sont battus (Montebello, Palestro, Magenta, Solferino) et chassés en partie de l’Italie du nord. Napoléon III signe néanmoins un armistice avant l’aboutissement total de la campagne militaire : c’est la paix de Villafranca, le 11 juillet 1859 : N’ayant pas rempli l’intégralité de son contrat, Napoléon III n’est pas en mesure de réclamer la Savoie.
- mars 1860
Intenses tractations diplomatiques. Une délégation des Savoyards favorables au rattachement est reçue aux Tuileries. Au fond, le principe de la cession de la Savoie est acquis, mais les formes restent à préciser : les modalités du transfert (
vote ou non) et la question de la Savoie du nord plutôt favorable à un rapprochement avec
Genève.
- Printemps 1859 : L’entrée en guerre du Piémont entraîne des agitations révolutionnaires dans les autres Etats italiens où il apparaît un mouvement en faveur du rattachement au royaume du Piémont. Ce mouvement d’opinion relance les tractations entre Cavour et Napoléon III, dont le consentement est indispensable : le processus de rattachement implique la marche vers l’unité de la péninsule et la remise en cause de l’ordre international.
- été 1859 / mars 1860 : En Savoie, le débat sur l’Annexion à la France prend un caractère public par le biais de brochures et d’articles de presse. Les conservateurs, déçus par la politique piémontaise et redoutant l’isolement de la Savoie au sein d’une Italie unifiée, plaident pour le rattachement à la France. En faveur de cette option, joue l’attitude conciliante de Napoléon III à l’égard du clergé français, tandis que le Piémont persévère dans sa politique de sécularisation. On attend aussi de l’intégration à la France une plus grande prospérité économique.
- mars 1860 : Par plébiscite, l’Emilie et la
Toscane sont rattachées au Piémont. L’unité italienne est en marche.
- 24 mars 1860 : Traité de cession de la Savoie et du comté de Nice à la France
Victor-Emmanuel II "consent à la réunion de la Savoie et de Nice […], étant entendu que cette réunion sera effectuée sans nulle contrainte de la volonté des populations". En échange, Napoléon III appuie le processus d’unification des Etats italiens sous l’égide du Piémont.
- mai 1860 : Expédition des Mille
A l’appel des patriotes siciliens insurgés, Garibaldi, à la tête de volontaires, conquiert militairement l’île et en septembre 1860, poursuivant l’offensive, Garibaldi s’empare de Naples au nom de Victor-Emmanuel : l’Italie du sud est conquise. Mais Garibaldi, de tendance républicaine, n’inspire guère confiance : les troupes piémontaises marchent vers la Sicile, annexant au passage les Marches et l’Ombrie.
- 1er avril 1860 : Victor-Emmanuel délie ses sujets savoyards de leur serment de fidélité
- 15 - 16 avril 1860 : Plébiscite dans le comté de Nice
25 743 "favorable", 4 779 "abstention", 160 contre l'annexion, soit 25 933 votants pour 30 712 inscrits.
- 22 avril 1860 : Plébiscite en Savoie
130 533 "oui" (
ou "oui et zone", pour la Savoie du nord favorable à des liens économiques avec Genève), 235 "non", 71 nuls, soit 130 839 votants pour 135 449 inscrits.
- 14 juin 1860 : La Savoie est officiellement remise à la France
Cérémonies de passations de pouvoirs.
- 27 août au 5 septembre 1860 : voyage du couple impérial en Savoie
- octobre / novembre 1860 : Des plébiscites sont organisés dans les Deux-Siciles, les Marches et l’Ombrie : leur rattachement à la couronne de Victor-Emmanuel est voté. Presque toute la péninsule est passée sous le sceptre de la maison de Savoie.
- décembre 1860 : En Savoie, 1ères élections au parlement français
- 14 mars 1861 : Victor-Emmanuel est proclamé roi d’Italie
- octobre 1866 : L’Italie entre en guerre aux côtés de la Prusse contre l’Autriche. La supériorité militaire de la Prusse (bataille de Sadowa) se révèle à l’Europe. L’Italie obtient la cession de la Vénétie, dans laquelle un plébiscite est organisé.
- septembre 1870 : Les troupes italiennes s’emparent de Rome, qui devient capitale du royaume d’Italie. Le statut de Rome, ville pontificale au rayonnement universel, avait provoqué de forts dissentiments avec la France qui protégeait la ville du pape. Avec la "chute de Rome", l’unité italienne est totalement achevée.