L’ascension
|  | Dans un premier temps, Artur Testov et Christine Feret progresseront petit à petit sur le glacier Kahiltna. La neige durcit par le vent recouvrant les crevasses en hiver, il leur faudra être d’une extrême vigilance, car un faux pas et c’est la chute. Pour s’aider, ils auront de longs bâtons en bambou et, par mesure de sécurité, une échelle de survie de plus de deux mètres. Ils porteront chacun un gros sac à dos, et tireront chacun une luge lestée de matériel et de vivres. La nuit, ils creuseront des |
grottes dans la neige pour se protéger du froid et des intempéries possibles, notamment du blizzard.
Il leur faudra à chaque fois 5 heures pour creuser une grotte et 2 heures chaque matin pour préparer sacs et luges, car tout sera gelé. Il devront sans doute creuser un dizaine de grottes durant l’ascension, selon les conditions météo. A titre d’exemple, en janvier 1998, Artur Testov et Vladimir Ananich sont restés cinq jours coincés dans une grotte à cause de la violence des vents.
Dans la grotte, il faisait - 37 degrés. Artur et Christine seront munis de raquettes jusqu’à environ 3000 mètres. A partir de 3350 mètres, ils seront équipés de crampons, toujours en tirant les luges, ce jusqu’à plus de 4300 mètres.
Il leur faudra ensuite escalader le Head Wall : les cordes fixes étant inutilisables en hiver, l’un des deux passera en tête avec deux piolets, fixera une corde pour le second qui grimpera avec le gros du matériel ; un sac étanche comprenant les vivres sera attaché au bout de la corde. En haut du Head Wall, à plus de 4876 mètres, ils creuseront une grotte pour y passer la nuit. Ils s’attaqueront ensuite à la première crête. Ils la longeront jusqu’à 5181 mètres. Les vents glacials seront alors le problème majeur. De nouveau, ils creuseront une grotte pour la nuit. Commencera alors la dernière partie de l’ascension, très dure elle aussi, d’autant que la fatigue due aux efforts répétés et la raréfaction de l’oxygène sera probablement très grande. D’abord rejoindre le col du Denali, situé à 5791 mètres, puis atteindre le sommet, à 6194 mètres.
Le retour
Une fois au sommet, Artur et Christine redescendront à 5300 mètres dans la même journée et resteront à l’abri dans une grotte creusée à l’aller. Ensuite, ils feront une descente progressive, en repassant par les grottes creusées lors de l’ascension, en espérant que le vent et les chutes de neige ne les aient pas effacées. Les risques rencontrés lors de l’ascension seront les mêmes au retour : conditions climatiques pouvant soudainement se dégrader, orage imprévu, crevasses recouvertes de neige, etc. Une fois qu’ils seront revenus au camp de base, à 2000 mètres, un pilote viendra les chercher. Fin de l’expédition.
Artur Testov et Christine Feret ont prévu entre un mois et un mois et demi d’ascension. Ils auront un téléphone portable satellite, un appareil photo pour rapporter des photos inédites du McKinley en hiver et une caméra vidéo HD pour tourner environ 5 heures de film. Ils ramèneront des images exceptionnelles de cette expédition hors norme : le départ, l’ascension jour après jour, les grottes creusées dans la neige, le retour, etc.