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Dépose des Eléphants 5 - © Sergio Palumbo - 123 Savoie

Chambéry : Une fontaine sans “culs”… ni têtes !

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Ne dit-on pas qu’une petite souris peut effrayer un éléphant ? A Chambéry ce n’est pas le cas, puisque nos quatre stars sont simplement parties pour se refaire une beauté…

Une fontaine sans “culs”… ni têtes !

Photos : © Sergio Palumbo – 123 Savoie

Dépose des Eléphants 5 - © Sergio Palumbo - 123 Savoie

La fontaine des éléphants va faire l’objet d’une restauration totale entre ce 17 décembre 2014 et le 8 mai 2015. Les quatre éléphants ont été désolidarisés un à un de la fontaine et ont été déposés à l’aide d’une grue sur camion qui les a emmené dans l’atelier de la fonderie Vincent, à Brignais, dans le Rhône, entreprise retenue pour réaliser les travaux, pendant qu’en parallèle, des travaux seront réalisés sur place à Chambéry.

Dépose des Eléphants 6 - © Sergio Palumbo - 123 SavoieDépose des Eléphants - © Sergio Palumbo - 123 Savoie

 

Les éléphants ont ainsi,  chacun leur tour, été élevés dans les airs à l’aide d’une grue. Cela n’était pas arrivé depuis 1985, date de la dernière restauration. Avant cette dépose l’entreprise a fait un relevé très précis afin de pouvoir, le moment venu, repositionner les éléphants aux mêmes emplacements.

Mais que vont-ils devenir ?

Une fois transportés dans les ateliers de la fonderie Vincent, les quatre éléphants seront scannés, afin de conserver en mémoire leur morphologie et toutes les particularités concernant chacun d’eux. En fonction de son état, il sera repris partiellement ou totalement. Les plus abîmés semblent être les éléphants Est et Ouest. A priori, deux éléphants seront repris. Ils seront désassemblés et nettoyés. Les fissures seront ressoudées et les éléments trop abîmés seront refondus à l’identique, ré-assemblés et repeints avant leur retour. Les deux autres éléphants seront très vraisemblablement totalement refondus.

Dépose sous haute surveillance

Dépose sous haute surveillance

Le choix de la couleur des éléphants aura pour objectif de retrouver leur couleur d’origine. Ce travail sera réalisé sous couvert de la CRMH (Conservation Régionale des Monuments Historiques) et de l’architecte des bâtiments de France. Les bas-reliefs de la fontaine seront, quant à eux également emmenés en atelier pour être restaurés.

En parallèle, d’autres opérations auront lieu sur place à Chambéry. La colonne va faire l’objet d’un gommage et être nettoyée, les pierres trop abîmées seront remplacées, les autres consolidées si besoin, le système de la fontainerie va être entièrement refait. La fosse de la fontainerie située sous la chaussée va être agrandie, le bassin repris et étanché, et l’électricité va être entièrement revue.


2014, un projet ambitieux pour la restauration

Dépose des Eléphants 9 - © Sergio Palumbo - 123 SavoieLes restaurations effectuées dans les années 1980, il y a maintenant une trentaine d’années, ont atteint leurs limites en terme de durée de vie.

A priori la restauration a permis de prolonger la vie des éléphants mais pas de façon aussi pérenne qu’espéré.

A l’époque, les techniques utilisées n’étaient pas des techniques de restauration complètes comme aujourd’hui. Les techniques utilisées dans ces années-là n’ont pas toujours été judicieuses. Le diagnostic effectué en 2012 par l’architecte en chef des monuments historique met en évidence un nombre de désordres important. La fontaine des Éléphants a souffert des outrages du temps, elle se dégrade et doit faire l’objet d’une reprise globale.

Le souhait de cette restauration est celui d’une restauration pérenne. C’est aussi le symbole de l’engagement de la Ville et des Chambériens envers un patrimoine emblématique afin de lui redonner toute sa place.

Chaque éléphant pèse près de 3400 kg

Chaque éléphant pèse près de 3400 kg

Un ravalement à la fin des années 1970

© Ville de Chambéry, Archives municipales, 52WNC

© Ville de Chambéry, Archives municipales, 52WNC

Dès 1977, la Ville de Chambéry s’est activement préoccupée des dispositions à prendre pour sauvegarder la fontaine des Éléphants. En 1978, un ravalement des Éléphants est décidé, il est effectué par l’entreprise Radiani en 1979. Durant l’année 1980, année du patrimoine, des travaux sont effectués pour garantir la solidité du monument.

De nombreuses entreprises sont ensuite contactées, aucune ne peut présenter de solution satisfaisante pour sa restauration, la soudure au plomb sur fonte faisant pratiquement partie des techniques abandonnées. Dans sa séance du 5 décembre 1980, le Conseil Municipal de Chambéry demande le classement de la fontaine en monument historique pour pouvoir faire appel à la filière des restaurateurs spécialisés travaillant habituellement pour le compte des monuments historiques. Le classement est accepté le 7 mai 1982 par arrêté.

© Ville de Chambéry, Archives municipales, 52WNC

© Ville de Chambéry, Archives municipales

© Sergio Palumbo - 123 Savoie

© Sergio Palumbo – 123 Savoie

 

Une restauration au milieu des années 1980

En septembre 1984, un premier éléphant est déposé et emmené à la fonderie Vincent à Brignais dans le Rhône pour être diagnostiqué. L’état est très préoccupant. Outre le fait que la réalisation manque de finition, et que l’épaisseur de la fonte est réduite à quelques millimètres par endroit, l’éléphant a été “rafistolé” par endroit par des emplâtres de fer eux-mêmes recouverts d’une dizaine de couches de peinture. De plus certaines parties, dont notamment une jambe, ont été remplies de béton, amalgame pierreux qu’il faut dégager à la broche et à la massette. D’anciennes réparations sont donc supprimées (béton coulé à l’intérieur), puis la fonte est nettoyée par brossage et grenaillage fin pour ôter la rouille. Des moulages des parties défectueuses sont réalisés puis les éléments sont refaits avec une résine. Certaines parties ont été doublées de fibre de verre et l’ensemble a été repeint. Fin mars 1985, le premier éléphant est de retour.

L’opération envisagée en 1985 comportait :
– la dépose-repose et traitement en atelier des trois éléphants restants selon les techniques similaires que celles utilisées pour le premier éléphant.
– le traitement des éléments secondaires du monument. Les plaques et trophées ont fait l’objet d’un nettoyage et d’une réparation. La statue du général de Boigne a fait l’objet d’un nettoyage.
– la remise en état du corps du monument en pierre de taille.
Les trois éléphants ont été déposés le 13 novembre 1985. Après un traitement identique à celui subit par leur congénère, les éléphants, remis en état, ont repris leur place.


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