histoire
Marquis de Sade

L’évasion du Marquis de Sade à Miolans

par

Le Marquis de Sade séjourna au Château de Miolans à Saint-Pierre-d’Albigny, du 9 Décembre 1772 au 30 Avril 1773…

Mise en ligne : Sergio Palumbo et Daniel Bouvier-Belleville, 123 Savoie

Le Marquis de Sade séjourna au Château de Miolans à Saint-Pierre-d’Albigny, du 9 Décembre 1772 au 30 Avril 1773

Marquis de Sade

Marquis de Sade

Donatien-Alphonse-François de Sade, Marquis de son état, prit un jour congé des siens, en juin 1772, pour se rendre à Marseille, en compagnie de son fidèle valet d’Armand dit Latour. Il se logea à l’hôtel des Treize Cantons et ne tarda pas à envoyer Latour à la recherche de quelques filles de joie pour son divertissement. Le fidèle valet en découvrit quatre qu’il réunit dans une autre maison. Pour mettre les filles en dispositions favorables, Sade leur proposa des dragées aphrodisiaques, qui provoquèrent des vomissements. La police fut prévenue et il fut soupçonné de tentative d’empoisonnement. Son épouse l’envoya sans délai dans le royaume tout proche de sa Majesté le Roi de Sardaigne. Cette fuite n’empêcha pas l’enquête d’aboutir à une condamnation par défaut, prononcée par le tribunal de Marseille le 3 Septembre 1772, condamnant Sade pour crime d’empoisonnement, à avoir la tête tranché et Latour pour crime de sodomie, à être pendu.

Arrivé à Chambéry, il s’installa à l’auberge de la “Pomme d’Or”, située probablement dans la rue Croix-d’Or. Ce fut à ce moment que la belle-mère de Sade intervint pour faire mettre le Marquis de Sade en lieu sûr et éviter ainsi un scandale. Le 8 décembre 1722 au soir, le gouverneur de la Savoie annonçait au Commandant du fort de Miolans à Saint-Pierre-d’Albigny, Louis de Launay, que sur ordre du Roi, il avait fait arrêter le Marquis de Sade.

Sade et son escorte quittèrent Chambéry le 9 décembre vers 7 heures du matin et arrivèrent à Miolans vers le début de l’après-midi. Les frais engendrés par l’arrestation furent à la charge du Marquis.

Sade se faisait livrer sa nourriture par un aubergiste, y compris le bois de chauffage, les bougies, chandelles, café, et également de l’ameublement : un bois de lit, un tapis vert sur la table à écrire, un écritoire, deux cartons de six cartes de géographie, un pot à eau et sa cuvette en faïence blanche, un miroir, un bidet, une tasse et sa soucoupe jaune, une écuelle et son assiette en faïence blanche, un pot de chambre, un verre, trois matelas de maître, un matelas de domestique, une chaise percée, une couverture de domestique, une paire de drap de maître, deux paires de draps de domestique, un paravent à six feuilles doublées d’indienne, une table à manger, dix-huit serviettes, deux nappes et deux torchons, une chiffonnières à écran, un bois de lit de sangle. Puis des meubles de luxe sous la forme de deux petits chiens couchants, l’un tout noir, l’autre marqué de blanc auxquels il se disait fort attaché.

Condamné aux arrêts et non pas au cachot, Sade a la liberté de se promener à son gré dans l’enceinte du donjon du château, avec la précaution cependant d’avoir toujours auprès de lui un bas officier qui le garde à vue. Il obtint le libre usage de la cantine, ce qui lui permis d’organiser à Miolans une vie de relations, surtout avec son co-détenu le Baron de l’Allée de Songy et le Sieur Ducloz, lieutenant des portes à Miolans, avec qui il se lia, mais non pas sans arrière-pensée. En effet Ducloz avait son appartement dans le voisinage de la cantine, dans laquelle il y avait une fenêtre sans grilles. Il en céda l’usage à la cantinière, qui désormais sert le Marquis et ses invités dans une des chambres de cet appartement, d’où l’on pouvait apercevoir la fameuse fenêtre, par laquelle on pourrait retrouver la liberté. Cette fenêtre donnait sur le derrière du fort, du côté de la montagne et n’était pas très haute. Ce qui permettait à un homme haussant les bras d’en recevoir un autre par les pieds, qui descendrait par la dite fenêtre.

Un soir Sade, L’Allée et Latour soupèrent vers sept heures et passèrent par cette fenêtre vers huit heures et demie. Quand le cuisinier demanda pour les desservir, il ne les trouva pas, croyant qu’ils s’étaient retirés dans leur chambre comme à leur habitude. En fait pendant le souper, le valet Latour était sans doute allé éclairer les chandelles dans la chambre du Marquis de Sade, pour faire croire qu’il était dans sa chambre avec L’Allée. Jacquet, au sortir de son souper, regarda la fenêtre du M. de Sade, voyant la lumière il cru qu’il s’était retiré. Un moment après, il monta jusqu’à la chambre du M. de Sade, qu’il trouva fermée, regarda par le trou de la serrure et vit de la lumière. Il présuma qu’ils jouaient tous ensemble aux dames, ce qu’ils faisaient fort souvent. Il se jeta habillé sur son lit qui était dans la chambre voisine et s’endormit. Puis s’éveilla vers trois heures du matin et retourna regarder par le trou de la serrure de la chambre du M. de Sade. Il y vit encore de la lumière et se douta de quelque chose. Il avertit le commandant du fort, qui trouvant la porte fermée, la fit enfoncer et n’y trouva personne sauf deux lettres dans lesquelles les évadés s’excusaient de leur départ.


Mots-clés pour lire d'autres articles

Commenter 0 commentaire

Soyez le premier à commenter ce contenu !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *