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Geneviève Anthonioz de Gaulle

Geneviève Anthonioz de Gaulle entre au Panthéon

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Fille du frère ainé du Général de Gaulle, Geneviève Anthonioz de Gaulle a été résistante et déportée, au camp de Ravensbrück, dont elle témoignera l’horreur durant toute sa vie. A Chambéry, un bâtiment porte son nom…

Geneviève Anthonioz de Gaulle entre au Panthéon

 

Geneviève Anthonioz de Gaulle

Geneviève Anthonioz de Gaulle

Née le 25 octobre 1920 Geneviève Anthonioz de Gaulle porte un nom illustre dans l’histoire française. Fille du frère ainé du Général de Gaulle, elle aura une relation proche avec celui-ci. Il lui écrira la dédicace suivante sur l’exemplaire des Mémoire de guerre qu’il lui a offert : “A ma chère nièce Geneviève qui fut, tout de suite, jusqu’au bout, au fond de l’épreuve, au bord de la mort, un soldat de la France libre et dont l’exemple m’a servi“.

Mais Geneviève Anthonioz de Gaulle a su, tout au long de sa vie, se démarquer de son oncle. Résistante de la première heure (distribution de tracts, rédaction d’un journal clandestin…), elle est arrêtée le 20 juillet 1943 par la Gestapo, conduite à la prison de Fresnes puis déportée au camp de Ravensbrück. Là elle connaitra, comme elle l’a écrit le pire et le meilleur, à savoir “la fraternité absolue, la solidarité“. Libérée le 28 février 1945, elle va dès lors s’attacher à témoigner à travers l’association des anciennes déportées et internées de la Résistance dont elle devient la présidente. Elle témoignera toute sa vie de l’horreur des camps prenant part en 1987 au procès Barbie.

Peu après la Libération, en mai 1946, elle épouse Bernard Anthonioz, originaire de Haute-Savoie, lui aussi ancien Résistant. Titulaire de la Croix de guerre et de la médaille de la Résistance, elle a été la première femme à recevoir la dignité de Grand Croix de la Légion d’honneur. En 1959, le couple Anthonioz rejoint André Malraux au ministère de la Culture. Elle est chargée de la recherche scientifique et son mari devient directeur de la création artistique. Au cours d’un dîner, elle rencontre le Père Joseph Wresinski aumônier du “camp des sans logis” de Noisy édifié par les compagnons d’Emmaüs. Elle visite ce camp où elle retrouve les mêmes regards que ceux de ses camarades de déportation de Ravensbrück. Bouleversée, elle quitte le Ministère de la Culture et décide de se consacrer à la lutte contre la misère. . En 1964, elle devient présidente d’ATD (Aide à Toute Détresse) et va désormais se battre pour les “Sans domicile fixe”. Elle va rencontrer plusieurs présidents de la République et Premiers ministres et prendre position pour les sans abris et les plus démunis. Ce combat va aboutir à une loi pour l’instauration du RMI.

“Aujourd’hui, la ville de Chambéry est fière d’être associé au parcours exemplaire de cette femme…”

Habitée par l’idée de ne pas subir l’humiliation, elle a fait de sa vie un long combat contre le nazisme puis contre la misère. “Entre la Résistance et ce que je fais au sein du mouvement ATD Quart Monde, il y a un cheminement commun : le refus de l’inacceptable“. Elle veut faire raisonner le mot résistance avec espérance. L’illustre femme qu’elle était avait un lien particulier avec la ville de Chambéry. En avril 1993, elle était venue baptiser une salle de la nouvelle médiathèque du nom de Père Joseph Wresinski, fondateur de l’association ADT dont elle est alors présidente. Dans cette salle de prêt, elle a inauguré une plaque sur laquelle figure la phrase suivante du Père Wresinski “Le vrai dénuement du pauvre, c’est son ignorance. Le savoir n’est pas un cadeau, pas un privilège, c’est un droit !“. Elle avait conclu son intervention par ces mots “Le droit à la culture, au livre, est partie intégrante des Droits de l’homme. Ici à Chambéry, dans cette médiathèque, ce droit est respecté … Puisse cette salle être un symbole d’un espoir d’un monde plus juste, plus humain, plus fraternel“.

Le 15 octobre 2007, le pôle Geneviève Anthonioz de Gaulle est inauguré en présence de sa fille Isabelle. A l’entrée de ce bâtiment hébergeant différentes structures d’accueil pour personnes en grande difficulté figure cette phrase de Geneviève Anthonioz de Gaulle “Ayons le courage de refuser que des personnes et des familles vivent dans l’inhumanité“. Décédée le 14 février 2002, le corps de Geneviève Anthonioz De Gaulle repose selon ses souhaits, auprès de son époux à Bossey, en Haute-Savoie. Cependant, symboliquement, son cercueil entrera au Panthéon le 27 mai 2015, ainsi que ceux de Germaine Tillion, Pierre Brossolette, Jean Zay.

Aujourd’hui, la ville de Chambéry est fière d’être associé au parcours exemplaire de cette femme courageuse qu’est Geneviève Anthonioz de Gaulle. Son entrée au Panthéon aux côtés des illustres français qui ont su marquer l’Histoire montre une nouvelle fois l’importance de son parcours et de ses combats qui doivent continuer.


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