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Jack O’Lantern

Halloween, les citrouilles n’ont pas bon temps !

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Soutenue par d’importantes campagnes commerciales, la fête d’Halloween est revenue des Etats-Unis en Europe à la fin du XXème siècle et notamment en France au début des années 1990 avec un côté sombre et sanguinolent qu’elle n’avait pas avant…

Halloween,
les citrouilles n’ont pas bon temps !

 

Citrouilles Halloween

Halloween le soir du 31 octobre, est la reprise carnavalesque d’une fête anglo-saxonne destinée à conjurer à la fois l’obscurité qui va croissant dans l’hémisphère Nord et le monde inquiétant des êtres surnaturels (revenants, sorcières) qu’elle engendre. A la nuit tombée, les enfants vont de porte en porte déguisés en fantômes, sorcières ou squelettes, et prononcent la fameuse phrase :

Trick or treat !

Un bonbon sinon (on vous jette) un sort !

Les rebords des fenêtres, et les jardins sont décorés de citrouilles évidées, représentant une figure humaine grimaçante, illuminées d’une bougie : les “Jack O ‘lantern”.

Sorcière sur son balaiLa fête de Halloween a lieu la veille de la Toussaint, ce qui lui vaut son nom, All Hallows’eve “veille de tous les saints”.

Malgré cette appellation, qui ne peut être antérieure à l’institution de la Toussaint  en Grande-Bretagne au VIIIème siècle, les premières manifestations de cette fête sont pré-chrétiennes, c’était juste avant notre ère la fête celtique de Samain (de l’irlandais ancien ‘assemblée’) qui marquait le début d’année et le retour de la saison froide.

Cette date du début novembre (mobile puisque le calendrier était luni-solaire) coïncidait avec la fin des récoltes et le retour des troupeaux à l’étable. L’aspect religieux de Samain primait, le monde humain et le monde divin se confondaient et les hommes pouvaient communiquer avec les êtres surnaturels, qu’ils soient bénéfiques ou maléfiques.

Lors de cette fête, marquée par de grands banquets rituels en Irlande, les druides allumaient des feux nouveaux. Le souvenir des morts, indissociable de l’évocation du monde surnaturel, était présent ce qui valut à la Toussaint d’être fêtée le 1er novembre dès le VIIIème siècle en Angleterre (et non plus le 13 mai comme à Rome). Puis au IXème siècle dans le monde carolingien. Se sont greffées des pratiques liées au culte de Pomone, déesse romaine des fleurs et des fruits, ainsi que d’autres coutumes liées à diverses croyances, dans les tours joués par les êtres surnaturels et par les revenants, sensés eux, appartenir à la nuit en général. L’utilisation des lanternes végétales, à la fois rite agraire de multiplication et de conjuration de l’obscurité, était connue dans une grande partie de l’Europe celtisée.

 Bandeau Halloween

Diables, sorcières, chauves-souris, vampires se sont multipliés et les couleurs orange et noire, de la citrouille et de la nuit, sont de mise. Épouvante et détails macabres sont d’autant mieux imposés auprès de la jeunesse que se développaient chez celle-ci le goût du paranormal et de sorcellerie, de même que celui des jeux de rôles et du “gothique”. Si la fête se manifeste comme autrefois, par des tournées d’enfants déguisés et par l’utilisation des citrouilles, elle occasionne également des défilés dans les rues des villes de jeunes gens déguisés.

Halloween sorcièreCes défilés, dont le but est de suspendre la monotonie du quotidien, s’apparentent à la “folie” du carnaval avec un aspect provocateur certain. Halloween est une fête contestée. Les évêques et de nombreux parents dénoncent son “folklore mercantile”, l’utilisation de la laideur, du macabre, de la sorcellerie et l’encouragement d’une culture de la mort. Ils s’inquiètent de la banalisation chez l’enfant du monde occulte.

3 fêtes bien distinctes

♦ 31 octobre : Halloween
♦ 1er novembre : Toussaint
♦ 2 novembre : Jour des morts


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