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Petits ramoneurs savoyards

Les Petits Ramoneurs Savoyards

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Rares sont les touristes qui viennent en Pays de Savoie et qui repartent sans un souvenir, qui plus est un porte-bonheur, à savoir le Petit ramoneur savoyard, un visage d’ange couvert de suie. 123 Savoie vous raconte son histoire…

Les petits ramoneurs savoyards

Rares sont les touristes qui viennent en Pays de Savoie et qui repartent sans un Petit ramoneur savoyard en souvenir, un visage d’ange couvert de suie…

Mise en ligne : Sergio Palumbo et Daniel Bouvier-Belleville – 123 Savoie.

Petits ramoneurs savoyards

Petits ramoneurs savoyards

Le contexte historique

1562 – Le duc de Savoie Emmanuel-Philibert déménage sa capitale de Chambéry vers Turin.

De plus en plus appauvries par les longues guerres et par l’éloignement de la noblesse qui suivit le prince à Turin, les populations des montagnes de Maurienne, Tarentaise  et de la Haute-Savoie, pour se procurer l’argent que leur réclamaient la gabelle du sel et l’administration des contributions directes, durent envoyer leurs plus beaux hommes en France faire le métier de colporteur.

Ces émigrants rapportaient au pays, chacun deux louis de bénéfice par année. La Bourgogne et le Languedoc étaient les provinces que parcouraient ces marchands forains.

Vers les années 1700, les premières troupes de ramoneurs savoyards descendirent en France  pour faire concurrence aux racleurs de cheminées du Cantal et d’Auvergne.

Bourg-Saint-Maurice, mais surtout Sainte-Foy-Tarentaise gardèrent longtemps ce monopole qui enrichit beaucoup ces communes naturellement pauvres.

Petits ramoneurs Petits ramoneurs Petits ramoneurs

Le thème du “Petit ramoneur” est souvent présent dans les carnavals savoyards – Photos : 123 Savoie


Une histoire de ramoneurs à Saint-Ferréol

Un vieux marchand de Saint-Ferréol, à qui l’expérience de plusieurs courses avait donné une connaissance exacte des pays qu’il avait parcourus et des profits que l’on pouvait y faire pendant l’hiver, rassemblait dans les villages des environs de Faverges et de Marlens toute la jeunesse qui voulait le suivre. Les pères de famille s’empressaient de lui présenter leurs enfants, de louer leur intelligence, leur santé et leurs talents. Le marchand, en bon recruteur, examinait attentivement leur conformation, les interrogeait et décidait du prix qu’il pouvait promettre aux chefs de famille pour se servir de leurs enfants pendant la course hivernale : 6 écus et 6 francs étaient donnés aux garçons de 18 à 20 ans, 4 écus à ceux de 14 à 16 ans et 12 francs seulement à ceux qui n’avaient que 12 ans. Dès que ces propositions furent acceptées, toute cette jeunesse se trouva au service et sous l’autorité du marchand. Chaque père recommanda aux enfants d’obéir à ce dernier, de le respecter, de lui tenir compte de tous les profits, de pratiquer avec exactitude les devoirs de la religion et de revenir au pays sans aucun reproche, le printemps prochain.

Le printemps suivant, le retour de ces jeunes gens fut annoncé par des détonations d’armes à feu. La caravane, qui, sur ses économies, avait acheté un ornement pour l’église paroissiale, se présenta d’abord avec son offrande chez M. le curé, qui s’empressa de la recevoir avec la plus vive reconnaissance. Elle fut étalée sur l’autel le dimanche suivant et devint un sujet d’émulation pour ceux que la tendresse de l’âge avait retenus dans le village. C’est ainsi que les églises des montagnes se procurèrent les ornements et les vases sacrés dont elles étaient enrichies avant la Révolution.

Chaque année, les mêmes ramoneurs et les mêmes colporteurs revoyaient ces mêmes contrées de la France, où l’on était habitué à les retrouver, juste au moment où s’enfuyaient les hirondelles. Toujours bien reçus parce qu’on les connaissait pour être d’une grande sobriété, d’une probité portée jusqu’au rigorisme, les laborieux ramoneurs laissèrent derrière eux le glorieux sobriquet de “Savoyard”. Cette probité était si peu contestée que, plus tard, avant et après la Révolution, les grandes maisons, les administrations de Lyon, de Paris et de Bordeaux, leur donnèrent, au détriment des nationaux, toutes les places de confiance.


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