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© Sergio Palumbo - 123 Savoie

La puce du canard au lac d’Annecy

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Le lac d’Annecy est un lac vivant qui comporte de nombreux organismes aquatiques. Comme la plupart des plans d’eau douce d’Europe et même du monde, le lac d’Annecy est concerné par la dermatite cercarienne (ou puce du canard)…

La puce du canard au lac d’Annecy

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La puce du canard est due à des cercaires, des organismes présents dans les canards et certains mollusques aquatiques comme les limnées. Ces cercaires, qui mesurent moins d’un millimètre, peuvent entrer en contact avec l’homme et provoquer des démangeaisons cutanées.

Bien que désagréable, cette affection est considérée comme bénigne.

Le cycle de vie de cet organisme aquatique

Le cycle de vie de la dermatite cercarienne

Le phénomène de la dermatite cercarienne apparaît lorsque la température de l’eau se réchauffe, à la fin du printemps et en été, généralement sur les plages peu profondes.

Les précautions à prendre

A ce jour, aucune méthode ne permet d’éviter que la cercaire ne s’en prenne au baigneur.
Toutefois, plusieurs précautions peuvent être prises pour limiter le risque :
– Se sécher vigoureusement en sortant du bain,
– Eviter les baignades prolongées en eau peu profonde,
– Ne pas nourrir les oiseaux aquatiques pour éviter leur sédentarisation.

En cas de symptôme (boutons, démangeaisons), il est important de consulter un pharmacien ou un médecin afin d’obtenir un traitement adéquat (crème apaisante par exemple).

Les actions de prévention réalisées pour limiter le phénomène

Microsoft Word - CP_lutte_contre_dermatite_hersage_printemps_201Depuis de nombreuses années, le SILA réalise des actions de prévention sur le lac d’Annecy  pendant la saison printanière, en collaboration étroite avec les communes, responsables des baignades. La première d’entre elle consiste à réduire les densités de mollusques (limnées) qui sont les vecteurs de la cercaire responsable de la dermatite. La méthode employée, innovante et très peu répandue en France, consiste en une action mécanique à l’aide d’un véhicule amphibie, équipé d’une herse pour “griffer” superficiellement les fonds et détruire les mollusques.

Ces actions de hersage du fond du lac d’Annecy, se sont déroulées du 2 au 6 juin 2014 dernier. L’efficacité de cette méthode est mesurée grâce au suivi scientifique réalisé depuis 2005 par le SILA, en collaboration avec les plongeurs du club de la Coulée Douce.

Les densités de mollusques sont réduites de 80 % à 90 % à la suite des interventions. Cette technique est donc pénalisante pour le cycle de la cercaire et contribue à diminuer le risque de piqûres pour les baigneurs. De plus, ce hersage est complémentaire des actions de régulation par la chasse des populations aviaires (canards colverts sédentaires), menées en collaboration avec la Fédération Départementale de Chasse et les associations locales de chasse. L’objectif est de maintenir une pression de prélèvement minimale, afin d’éviter une augmentation spectaculaire des effectifs de canards, comme cela a pu être observé dans les années 1990.

Les chiffres à retenir

A la fin des années 1990, début 2000, le nombre de cas recensés pouvait s’élever à plusieurs centaines par jour et par plage. Un plan de lutte a donc été défini entre 2002 et 2003, de façon concertée, par les services de l’Etat, le SILA, les communes riveraines, les associations de protection de l’environnement et les chasseurs, avec l’appui des scientifiques travaillant sur le sujet (notamment l’Université de Reims).

Depuis la mise en place des actions de prévention, coordonnées par le SILA, le nombre de cas constatés sur l’ensemble de la saison estivale et sur l’ensemble des plages s’élève à quelques centaines. Si le phénomène est toujours observé, il a cependant été considérablement atténué par rapport à la situation vécue il y a une dizaine d’années.

L’information du public

Le SILA a toujours communiqué sur ce phénomène, notamment à travers les informations à la presse réalisées chaque année au moment des actions de hersage, grâce à son site internet, ainsi qu’avec la bande dessinée “le Détective Colvert”, disponible gratuitement auprès des maîtres-nageurs-sauveteurs ou sur simple demande au SILA.

Par ailleurs durant l’été, le SILA propose aux communes la mise en place d’affiches sur les plages afin d’informer le public de la présence de la dermatite et de donner les bons gestes à adopter.


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