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Quinzaine du Cinéma Espagnol et Latino-Américain 2018 à Chambéry

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Espagne, Chili, Mexique, Argentine… les Cinémas Astrée et Forum organisent la traditionnelle Quinzaine du Cinéma Espagnol et Latino-Américain…

Quinzaine du Cinéma Espagnol et Latino-Américain 2018

– du 14 au 27 mars 2018

Du 14 au 27 mars 2018, les Cinémas Astrée à Chambéry et Forum à les Hauts-de-Chambéry vous invitent à découvrir la programmation de son désormais traditionnel événement incontournable en Savoie consacré au Cinéma Espagnol et Latino-Américain. Durant quinze jours, projections d’avant-premières, de reprises ou encore d’inédit.

Cette quinzaine sera à nouveau l’occasion d’offrir au public chambérien et savoyard un panorama du cinéma hispanophone. Comme d’habitude, pendant la quinzaine, tous les films seront projetés en V.O.s.t., la plupart d’entre eux ayant participé à des Festivals internationaux (Berlin, Cannes, Venise, Sundance, San Sebastián) et à des rencontres cinématographiques, où ils ont été sélectionnés, voire primés.

Un regard non seulement sur la production d’outre-Pyrénées mais aussi sur la diversité ethnique, territoriale, historique, sociale et culturelle de tout un continent, depuis les Caraïbes jusqu’à la Terre de Feu : découvertes, évasion, émotions garanties !   Fictions, documentaires, thrillers, comédies dramatiques… un programme très varié avec l’intervention de réalisateurs invités.

Renseignements, tarifs… 04 79 33 40 53 ou 04 79 72 38 71
Programme horaires et salles : ICI

 

Les films sélectionnés

 

PSICONAUTAS

 de Pedro Rivero & Alberto Vázquez / Espagne / 2015 / 1h16
Goya 2017 du meilleur film d’animation.

Sur une île ravagée par un désastre écologique, deux adolescents ont décidé de fuir leur quotidien : l’étrange Birdboy en se coupant du monde et en affrontant ses démons intérieurs, la téméraire Dinky en préparant un voyage dangereux, avec l’espoir secret que Birdboy l’accompagne.

 

 

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AMAMA

D’Asier Altuna Iza / Espagne / 2015 / 1h41 – En langue basque s.t.
Avec Skandido Uranga, Iraia Elías, Ámparo Badiola, Klara Badiola, Ander Lipus…

Dans une famille du pays basque rural, Amaia est la benjamine de trois frères et sœurs. Un conflit familial éclate quand Gaizka, l’aîné  censé  reprendre la ferme, décide de partir à l’étrange. Sous les yeux de sa grand-mère (Amama) Juliana, Amaia se heurte à l’inflexibilité de son père qui ne vit que par les traditions et le rythme immuable des travaux des champs. Impossibles à concilier, leurs visions de la vie trop éloignées les séparent.

Grand défenseur de sa langue natale, l’intégralité des films d’Asier Altuna Iza sont joués en basque. D’aucuns pourrait penser que ce thème est archi rebattu mais c’est sans compter sur la force du scénario, la consistance des personnages, la qualité de la mise en scène. Un des plus beaux films de cette quinzaine : une découverte à ne pas manquer.

Conférence de Florence Serrano (LLESTI, Université de Savoie), samedi 17 mars 2018 à 20h (avant la projection) : Le Pays Basque hier et aujourd’hui entre diversité et permanence.

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HANDIA

de Jon Garaño et Aitor Arregi / Espagne / 2017 / 1h54 – En langue basque s.t.
A obtenu 10 Goyas dont le Meilleur scénario original, Photographie, Direction artistique
Avec Eneko Sagardoy (Jeune espoir masculin)

Pays basque 1836. Après avoir combattu pendant la première guerre carliste, Martín Eleizegi retourne dans sa ferme natale en Guipúzcoa. Il découvre alors avec stupeur que son frère Joaquín est devenu un géant (il souffre d’acromégalie). Très vite, Martín ne recherche qu’une chose : quitter ce monde rural étriqué. Convaincu que tout le monde voudra payer pour voir l’homme le plus grand de la Terre, Martín embarque Joaquín dans un long voyage à travers l’Europe, au cours duquel il devra affronter ses propres complexes, ses doutes et ses peurs… Une histoire inspirée de faits réels.

Le film présente la mise en spectacle de celui que l’on désigne comme “monstre”, la violence du regard porté sur lui (…). C’est aussi l’identité basque qui est interrogée dans cet attachement à un village qu’ils ne cessent de quitter et de retrouver (…). Est-ce parce qu’il est perçu comme un monstre de l’humanité que Joaquín se sent d’autant plus profondément appartenir à un lieu, une communauté, à un terre ? On l’aura compris, Handia file la métaphore (Marcos Uzal in Libération).

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ESTIU 93 (Été 93)

de Carla Simón / Espagne / 2017 / 1h37 – En langue catalane s.t.
Meilleur premier film Festival de Berlin 2017 / Prix Écrans Juniors et coup de cœur des étudiants à Cannes 2017. Représente l’Espagne aux Oscars 2018.
Goyas 2018 du Meilleur Premier film, du Meilleur Second rôle, du Jeune Espoir féminin.
Avec : Laia Artigas, Paula Robles, Bruna Cusí, David Verdaguer…

Été 1993. Suite au décès de sa mère, Frida, 6 ans, doit quitter Barcelone pour aller vivre à la campagne avec son oncle et sa tante adoptifs et leur fille Ana, 3 ans. Dans ce nouvel environnement, la petite fille confronte sa colère face à la mort et s’adapte peu à peu à sa nouvelle famille.

Ce très beau film autobiographique évoque avec subtilité le désarroi d’une enfant confrontée à la mort tout en évoquant en toile de fond les années 80-90 en Espagne, meurtries par l’épidémie du sida.

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LESA  HUMANITAT

d’Héctor Fáver / Espagne 2017 / 1h49
Présenté à Cinespagne Paris juin 2017 et à Cine Horizontes Marseille novembre 2017

42 ans après la mort de Franco, l’Espagne est-elle pacifiée ? Les Espagnols réconciliés ? À travers son bouleversant documentaire, le réalisateur argentin Héctor Fáver répond, analyse la politique menée depuis “la transition démocratique” par les gouvernements successifs, donne la parole aux victimes des crimes d’état impunis pour enfin ouvrir la voie à une vraie “mémoire historique”.

Le juge Baltasar Garzón témoigne de son échec à faire juger les responsables. Aidées notamment par des anthropologues argentins pour l’ouverture des fosses communes, les associations se battent pour que l’Espagne regarde son passé et construise son futur (d’après Ch. Loisy, Cinespagne 2017).

Présentation du film et animation du débat par Nicolás  Sesma, Maître de Conférences, (Université Stendhal, Grenoble), vendredi 23 mars 2018 à 20h, cinéma Astrée.

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BIENVENUE  Mr  MARSHALL !

de Luis Berlanga / Espagne / 1952 (copie restaurée)
Prix de la bonne humeur, Cannes 1953
Avec Lolita Sevilla, José Isbert…

Ce film est un bijou de la comédie réaliste espagnole. La petite bourgade castillane de Villar del Río attend l’arrivée des américains et de leurs dollars… tandis que les rues sont transformées en village andalou, chacun rêve et attend la délégation américaine du Plan Marshall comme si c’était une corne d’abondance

Sous les traits de la comédie, le film présente un portrait grinçant de l’Espagne rurale franquiste, et dénonce “les espagnolades”, ces films promus par la Commission de censure dont les membres étaient issus des trois piliers du régime : l’Armée, l’Église et la Phalange.

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LA EDUCACIÓN DEL REY

de Santiago Esteves / Argentine / 2017 / 1h36
Avec Matías Encina, Germán de Silva, Walter Jakob…

Le jeune Reynaldo – Rey (Roi) pour ses amis-participe à un cambriolage qui tourne mal. En tentant de s’enfuir, il tombe dans le jardin d’un vieux couple. Contre toute attente, le propriétaire ne le dénonce pas à la police et lui propose un marché : Rey répare les dégâts qu’il a occasionnés dans le jardin en échange de sa protection. Une relation de confiance fragile s’installe alors entre le jeune et son protecteur qui va lui apprendre à se battre et à devenir un homme responsable.

Tourné dans la région de Mendoza (N-O de l’Argentine), ce film décrit les ravages de la pauvreté structurelle, celle qui produit l’exclusion sociale. Un petit western argentin sur fond de réalité sociale et un réalisateur débutant à suivre.

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UNA ESPECIE DE FAMILIA

de Diego Lerman / Argentine, Brésil, France, Pologne,  Danemark / 2017 / 1h35 – AVANT-PREMIERE
Prix du Meilleur scénario au Festival de San Sebastián 2017 / Prix d’interprétation masculine pour Daniel Aráoz au Festival de Biarritz 2017
Avec : Bárbara Lennie, Daniel Aráoz, Claudio Tolcachir, Paula Cohen…

Un après-midi, Malena, médecin à Buenos-Aires, reçoit l’appel du Docteur Costas qui l’informe qu’elle doit voyager au nord de l’Argentine (Misiones) : le bébé qu’elle veut adopter va bientôt naître. Malena décide d’entreprendre un voyage incertain où elle devra affronter tout type d’obstacles qui l’amèneront à s’interroger constamment sur les limites qu’elle est prête à dépasser pour obtenir ce qu’elle désire le plus.

Le film maintient la tension et même une certaine dose de suspens, mais le nœud du film n’est pas tant le thriller que les décisions éthiques et morales des personnages (in La Nación, 14 septembre 2017).  L’auteur dénonce l’exploitation des familles modestes, la marchandisation des corps, la corruption d’une partie du corps médical et de la police, ainsi que le vide juridique concernant l’adoption et la GPA en Argentine (Alterinfos).

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MARIANA

de Marcela Saíd (titre original : Los perros / les chiens)/ Chili / 2017 / 1h34
Semaine de la Critique, Cannes 2017 / Prix du Jury aux Rencontres de Biarritz 2017
Avec Antonia Zegers, Alfredo Castro (acteur fétiche de Pablo Larraín)…

Mariana, une quadragénaire issue de la haute bourgeoisie chilienne, s’efforce d’échapper au rôle que son père et son mari ont toujours défini pour elle. Elle éprouve une étrange attirance pour Juan, son professeur d’équitation de 60 ans, ex-colonel suspecté d’exactions pendant la dictature. Mais cette liaison ébranle les murs invisibles qui protègent sa famille du passé. Jusqu’où Mariana, curieuse, insolente et imprévisible sera-t-elle capable d’aller ?

C’est lors du tournage de son premier long-métrage documentaire El mocito que Marcela Saíd a fait connaissance de Juan Morales Salgado, ex-colonel de l’armée  (et chef du centre de répression Simón Bolívar pendant la dictature), reconverti en maître d’équitation près de Santiago du Chili : “Quand j’ai vu qu’il ne voulait pas parler du passé, j’ai orienté notre conversation vers notre seul lien : l’amour des chevaux. Sous la réprobation de mon entourage, Juan Morales a été mon professeur durant 2 ans, jusqu’à sa condamnation en 2011. (…)  Il est en prison aujourd’hui et y restera jusqu’à la fin de sa vie. L’idée du film est née de cette rencontre”.

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LOS NIÑOS (L’école de la vie)

de Maite Alberdi / Chili, Hollande / 2016 / 1h22
Présenté au Festival Sundance, Cinélatino Toulouse 2017. Prix du Public pour le meilleur long-métrage documentaire au Festival International des Films de Femmes à Créteil 2017

Ce documentaire se déroule dans une école pour adultes atteints de trisomie 21 qui propose un programme d’activités pour les amener vers l’autonomie (“Adultos conscientes”). Dans la société, ces quadragénaires  ou quinquagénaires sont marginalisés et traités comme des enfants (d’où le titre original).

Avec douceur et humour, empathie (jamais  avec compassion), la réalisatrice filme, avec un vrai souci de mise en scène, le quotidien de ces adultes, se met à l’écoute de leurs  désirs, de leur aspiration à une vie plus ordinaire : avoir son propre logis, se marier, avoir des enfants. Mais ces souhaits se heurtent aux traditions très contraignantes de la vie familiale chilienne et à l’absence de communication avec les personnes dites normales. C’est un film plein d’humanité  que nous offre la jeune Maite Alberdi. Pas du tout “plombant”…

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MALA JUNTA

de Claudia Huaiquimilla / Chili / 2016 / 1h29 / Sous-titre original : “Somos amigos o no somos amigos ?”. A obtenu à Cinelatino Toulouse 2017 le Prix du Public et le Prix Lycéen.
Avec Andrew Bargsted, Eliseo Fernández, Francisco Pérez Bannen…

Tano, adolescent turbulent et rebelle, est envoyé dans le sud du Chili, chez son père qu’il n’a pas vu depuis plusieurs années. Il fait la connaissance de Cheo, jeune garçon timide d’origine mapuche, malmené par les autres élèves. Peu à peu, ils vont se lier d’amitié, chacun apprenant à dépasser ses difficultés grâce à l’autre. Si Tano canalise peu à peu sa colère, Cheo, quant à lui, trouve la force de s’affirmer et de revendiquer son identité indienne avec sa communauté mapuche en butte à la violence policière.

D’origine mapuche, la réalisatrice a voulu mettre en scène dans un contexte politique particulier, celui de la violence exercée contre les mapuches au Chili (et en Argentine),  la  trajectoire commune de deux ados cherchant à trouver leur place dans un monde qui les laisse à la marge.

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ESTO ES LO QUE HAY (On fait avec ce qu’on a)

Chronique d’une poésie cubaine de Léa Rinaldi / Cuba / 2015 / 1h51
De nombreuses distinctions dans de nombreuses rencontres et Festivals

En suivant le parcours de Los Aldeanos, groupe de hip-hop le plus contestataire de Cuba, le film dresse le portrait intime d’une nouvelle révolution artistique et cybernétique de l’île, à l’heure de la transition du vieux régime castriste.

Léa Rinaldi suit le groupe entamant une tournée internationale qui marque leur première sortie du pays depuis près d’une décennie. Filmé entre 2009 et 2015, ce documentaire retrace l’histoire récente de Cuba, de la passation du pouvoir entre Fidel et Raúl Castro, à la levée de l’embargo des USA. Los Aldeanos sont également “les guerriers de l’encre” (los guerrilleros de la tinta), héros de la liberté et héros du peuple ; ils écrivent, au fil de leurs chansons, une ode à Cuba et à La Havane, qui devient une mère nourricière poétique et paradoxale (Allociné).

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BUENA VISTA SOCIAL CLUB : ADIÓS (TOUR)

de Lucy Walker / Cuba / 2017 / 1h50
Ce film est une suite au documentaire de Wim Wenders (1999)

À l’occasion de la tournée mondiale d’adieu (2015), le documentaire présente le parcours du groupe dans la captivante histoire musicale de Cuba, tandis que ses membres (Ibrahim Ferrer, Cachaíto López, Rubén González, Elíades Ochoa, Compay Segundo…) reviennent sur leurs remarquables carrières et les extraordinaires circonstances qui les ont réunis. Bon nombre d’entre eux sont aujourd’hui décédés (Omara Portuondo est la doyenne du groupe et Elíades Ochoa, septuagénaire, le benjamin) : ce film devient un ultime hommage et nous offre un vrai plaisir.

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CANDELARIA

de Jhonny Hendrix Hinestroza / Cuba, Allemagne, Argentine, Norvège / 2017 / 1h26 – AVANT-PREMIÈRE
Primé à la Journée des Auteurs, Venise 2017

La Havane, 1994, en pleine “période spéciale”, suite à l’interruption de l’aide soviétique et au maintien de l’embargo U.S. Un vieux couple, Candelaria et Víctor Hugo, mène une vie monotone, entre repas frugaux et autres privations. Ils tâchent de subsister : lui, revend des cigares volés et elle, donne des concerts pour les touristes. Un caméscope que trouve Candelaria vient troubler leur vie intime et leur quotidien suite à la proposition indécente d’un receleur sans scrupules qui leur fait espérer une vie plus confortable.

Grâce à un immarcescible amour fusionnel, un humour résigné, un érotisme nostalgique, face aux gros plans émouvants, par la musique et les couleurs de Cuba et par l’admirable leçon de vie que délivre ce film.

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CHAVELA VARGAS

de Catherine Gund et Daresha Kyi / Mexique / 2017 / 1h30

Bien que née au Costa Rica (1919 – 2012), la chanteuse Chavela Vargas est considérée comme mexicaine. Dans les années 50, difficile pour une femme chanteuse de “rancheras” d’échapper aux jupes à volants et au déhanchement chaloupé sur scène. Chavela, elle, s’impose en pantalon et sans chichis. Sa voix grave et puissante balaie clichés et stéréotypes pour chanter l’amour et les tourments de la passion.

À travers les témoignages de ceux qui l’ont aimée et des images de ses concerts, ce documentaire retrace le parcours d’une femme qui assume sa liberté artistique et sexuelle face à une société corsetée. Son talent et sa personnalité ont fasciné les grands artistes du XXème siècle, de Frida Kahlo à Pedro Almodóvar qui a été en grande partie l’artisan de son retour sur scène dans les années 90 – 2000.

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COCO

d’A. Molina et L. Ulkrich / Mexique / 2017 / 1h40

La grand-mère de Miguel refuse qu’il devienne musicien car son mari l’avait abandonnée pour aller pousser la chansonnette. Mais le gamin ne renonce pas et son aventure le mènera au monde de ses défunts ancêtres : une formidable mégalopole de monstres très vivants, de squelettes fantasques, attachants et cocasses.

Hommage à la culture mexicaine, ce conte n’en est pas  moins une pure création Pixar. Il brasse avec humour et mélancolie les thèmes qui, de “Toy story” à “Vice-versa”, finissent par former une grande fresque sur la famille, l’enfance, l’irréversibilité du temps, ce qui est perdu et ce qui persiste entre les êtres… (Télérama).

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LOS ADIOSES

de Natalia Beristain / Mexique / 2016 / 1h25 – AVANT-PREMIÈRE
Avec Karina Gidi, Daniel Giménez Cacho…

Rosario Castellanos est étudiante en philosophie au Mexique. Introvertie mais passionnée, elle consacre, dès son plus jeune âge,  son temps à la lecture des grands auteurs et à l’écriture de premiers textes publiés dès le début des années 50 et, notamment, des textes sur la condition féminine, mais, au quotidien, elle est confrontée à une société “machista” qui la considère peu.

Ce film qui dresse le portrait de Rosario Castellanos (1925 – 1974), une des plus grandes écrivaines mexicaines, retrace sa pugnacité pour se consacrer totalement à sa passion pour l’écriture et pour exister pleinement en tant que femme dans une société qui voudrait réduire son rôle à celui d’épouse, dans l’ombre du mari, et de mère dévouée. Natalia Beristain nous entraîne dans le sillage de Rosario grâce à une mise en scène maîtrisée, une photographie impeccable, une intrigue soutenue, une analyse subtile du machisme, et, pour nous, la découverte de magnifiques textes de cette écrivaine.

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LE CRI DES FOURMIS

de Liliane de Kermadec / France, Uruguay / 2016 / 1h02

Elles sont entrées étudiantes au Mouvement National de Libération Tupamaro en Uruguay dans les années 60 et ont lutté toute la vie contre l’injustice et la pauvreté, d’abord par la lutte armée, ensuite dans la légalité. Elles ne regrettent rien, malgré la clandestinité, les années perdues en prison, la torture. Leurs histoires se heurtent aux images d’un petit pays accueillant, autrefois “la Suisse de l’Amérique”, avec son goût pour la démocratie, ses oiseaux de couleur, ses pampas et les murs peints de ses maisons qui font soudain de la rue un musée à ciel ouvert. Les brèves paroles de José Mugica, ex-président de l’Uruguay, sonnent toujours aussi justes.

Un documentaire réalisé avec beaucoup de ferveur. Le passé se raconte à travers des fresques aux couleurs vives qui nous font penser à “Murs, murs” d’Agnès Varda, remerciée au générique. Encore une fois, le cinéma de Liliane de Kermadec est inspiré par le parcours de femmes exceptionnelles (après “Aloïse” (1975), “La piste du télégraphe” (1994).

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Coup de projecteur sur Pablo Berger

BLANCANIEVES

de Pablo Berger / Espagne / 2012 / 1h49, déjà présenté en 2013. À voir et à revoir

Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de “Blancanieves”. C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…

ABRACADABRA

de Pablo Berger / 2017 / 1h36 – Avant-première en présence du réalisateur, lundi 19 mars, à 20h30 au cinéma Astrée.
Avec Maribel Verdú, Antonio de La Torre…

Carmen est mariée avec Carlos, un fan de foot macho. Lors d’un mariage où son cousin se produit en tant qu’hypnotiseur, Carlos se porte volontaire et fait semblant de s’endormir. Mais revenu à sa place, un déclic soudain se produit…

Après avoir fait sensation en adaptant Blanche neige (Blancanieves) en 2013 en N & B et à la manière d’un film muet, Pablo Berger nous propose un film aux mille facettes, entre drame amoureux, comédie fantastique et thriller psychologique. Et le mélange fonctionne à merveille… C’est avant tout du personnage féminin que traite le film. Maribel Verdú (cf Blancanieves) excelle entre incrédulité et espoir, interrogeant l’essence même du sentiment amoureux. Quant à Antonio de La Torre, les fidèles de la Quinzaine le reconnaitront, toujours impérial (Abus de ciné).


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