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14-18, la guerre et après, Otto Dix et ses contemporains

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Pour commémorer la fin du conflit et cultiver l’amitié franco-allemande, le musée des Beaux-Arts de Chambéry vous invite à découvrir l’expo 14-18, la guerre et après…

14-18, la guerre et après

Otto Dix et ses contemporains

– Exposition du 3 novembre 2018 au 24 février 2019, au Musée des Beaux-arts –

En 2015, le Kunstmuseum Albstadt exposait “Dessiner la guerre”, à partir de sa collection de dessins et d’estampes d’Otto Dix.

Pour commémorer la fin du conflit et cultiver l’amitié franco-allemande, le musée des Beaux-Arts de Chambéry a souhaité accueillir l’exposition en 2018 en valorisant particulièrement le combat pour la paix du belge Frans Masereel et l’engagement d’artistes français proches des avant-gardes dans l’immédiat après-guerre. La ville de Chambéry et la ville d’Albstadt sont jumelées depuis 1979, à la faveur d’un rapprochement d’anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale.

Si la Grande guerre sème la mort et freine l’élan avant-gardiste, l’expérience terrifiante du front ne parvient pas à réduire les artistes et les intellectuels au silence. Au contraire, ils livrent une vision absolument moderne de la guerre jusqu’aux années 1930 marquées par les réminiscences traumatiques et les analyses visionnaires d’une société bouleversée. Dès 1914, la mobilisation générale envoie les artistes français et allemands au combat. Gus Bofa, Pierre Falké, Charles Martin ou Jean-Emile Laboureur partent dès le mois d’août. Chas Laborde, réformé, parvient à s’engager en septembre. Otto Dix se porte volontaire pour le front en 1915. Quant au résistant pacifiste Frans Masereel, il se réfugie à Genève en 1915 d’où il dénonce les horreurs de la guerre avec l’aide de nombreux intellectuels (Stefan Zweig, Romain Rolland). À partir de 1917, de nombreux dessinateurs français, refusant l’imagerie officielle héroïsée, donnent une vision personnelle des évènements. Ils s’écartent, comme Charles Martin, du dessin réaliste pour mieux exprimer la vérité.

Otto Dix, Homme dans les ruines, 1917

Cette expression ne s’arrête pas avec l’Armistice du 11 novembre 1918. Quand Otto Dix remâche l’humiliation de l’Allemagne vaincue, un Gus Bofa témoigne du malaise d’une France épuisée. Le traumatisme est prégnant, côté français, côté allemand ; côté vainqueur, côté vaincu. Les plaies sont pansées dans le tourbillon des Années folles. Charles Martin savoure les plaisirs éphémères d’une vie si fragile. Pierre Mac Orlan et Marcel Vertès explorent les coulisses des dancings et lieux de plaisir. De son côté, Gus Bofa estime que la guerre, qu’il juge aussi absurde qu’inutile, est parvenue à renforcer les artistes. Il crée le Salon de l’Araignée, salon sans prix ni jury, ouvert aux artistes qui ont “une conception personnelle de l’univers”. Il exposera Chas Laborde, Charles Martin, Jean-Emile Laboureur mais aussi Frans Masereel et George Grosz. Le livre illustré y tient une place centrale et doit selon Bofa permettre aux jeunes dessinateurs de se libérer du carcan stérilisant de la presse ou de la publicité.

Gus Bofa, Jocks Tommies and Cy, Une de La Baïonnette du 8 novembre, 1917

L’exposition accorde une place centrale à la relation artiste-écrivain. L’œuvre de Frans Masereel et ses collaborations avec nombre d’intellectuels pacifistes clôt cette exposition avec une série de livres ou de nouvelles rédigés quelques années après la guerre et voulus comme autant de témoignages du pire affrontement jamais vécu. Cette exposition bénéficie du concours et de prêts exceptionnels du Kunstmuseum Albstadt. Pour l’occasion, plus de 100 œuvres dessinées ou gravées d’Otto Dix sont présentées, dont la série de 50 eaux-fortes Der Krieg (La Guerre) réalisées en 1924.

Dans son ensemble, l’exposition présente une sélection exceptionnelle de 350 gravures, dessins et gouaches d’artistes soldats, reporters, témoins civils, intellectuels et résistants pacifistes.

Principaux artistes et auteurs exposés (par ordre alphabétique) :
Henri Barbusse, Gus Bofa, Lucien Boucher, Louis Chadourne, Otto Dix, Roland Dorgelès, André Dunoyer de Segonzac, Pierre Falké, George Grosz, Joseph Hémard, Paul Iribe, Pierre Jean Jouve, Chas Laborde, Jean-Émile Laboureur, Charles Martin, Frans Masereel, Rita de Mauny, Pierre Mac Orlan, Romain Rolland, Erik Satie, Marcel Vertès, Stefan Zweig.


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