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Château de Miolans

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Avec ses 250 mètres d’à-pic, le château médiéval de Miolans surplombe Saint-Pierre d’Albigny et mérite amplement son surnom de “Bastille des Alpes”…

Dispositions générales défensives du château de Miolans

Le château de Miolans culmine à 550 mètres d’altitude sur un éperon rocheux séparé par le col de l’Arclusaz qui culmine à 2.064 mètres. Il se situe à la croiser des routes menant au Sud, vers la Maurienne et le Mont-Cenis, à l’Est vers Montmélian et Chambéry et à l’Ouest vers la Tarentaise le Petit Saint Bernard. Au Sud, à l’Est et à l’Ouest, des murs bordent des versants à pic. Le seul point vulnérable du château est le coté Nord, donc celui qui pouvait être attaqué. Toutes les dispositions défensives seront établies en conséquences. L’ennemi trouvait donc : un fossé avancé, puis un deuxième fossé, avec défense avancée, un troisième fossé conduisant à un châtelet muni d’un corps de garde, ne rampe entre deux murs fortifiés et barrée en son milieu par un deuxième châtelet, la porte de la basse cour, le fossé du château, le château puis le donjon.

Le fossé avancé :

Le fossé avancé
C’était un premier obstacle opposé à l’agresseur.

Le deuxième fossé :

Le deuxième fossé
Il faisait environ huit mètres de large. Un ouvrage secondaire rectangulaire devait surveiller l’entrée du pont qui le franchissait.

Le troisième fossé :

Le troisième fossé
Egalement creusé dans la roche, il se situe à douze mètres du précédent. Large de vingt deux mètres et profond de quinze environ, il se franchissait par un pont facile à détruire en cas de danger et se terminait par le pont-levis du châtelet.

Le châtelet :

Le châtelet
Il se compose d’une cour rectangulaire à ciel ouvert, d’un corps de garde au Sud et d’une tour demi-circulaire qui pouvait tirer en avant dans le fossé et à l’intérieur de la cour, si elle était prise. Il permettait aux défenseurs de se replier vers le château par une galerie couverte ou d’en recevoir des renforts pour une contre attaque.

La galerie montante :

La galerie montante
Elle est garnie de marches, elle est voûtée et porte une terrasse qui était crénelée. Elle commande le 3ème fossé et la rampe du château.

La première rampe d’accès :

La première rampe d’accès
Le châtelet franchi, on s’engage sur la rampe à forte pente qui conduit à la porte de la basse-cour, entre le chemin de ronde à gauche et le glacis dominé par le château à droite. L’assaillant était donc maintenu de manière à découvrir son flanc droit. Le chemin de ronde sur la gauche a un mur d’un mètre quinze d’épaisseur.

Le 2ème châtelet :

Le 2ème châtelet
La rampe était barrée par un ouvrage précédé d’un fossé actuellement disparu. Certains documents l’appellent porte d’enfer. On assure d’ailleurs que ce deuxième châtelet ne fut jamais forcé.

La seconde rampe d’accès :

La seconde rampe d’accès
La 2ème partie de la rampe se termine par la Tour de la Sauvegarde. Il était donc presque impossible d’atteindre la porte de la basse-cour, dans l’alignement du mur, qui était aussi défilée contre le tir de l’assaillant.

La tour de la Sauvegarde :

La tour de la Sauvegarde
Cette tour énorme, dont les murs dépassent deux mètres cinquante d’épaisseur, commandait le front Nord, la seconde rampe d’accès, le chemin de ronde, toute la basse-cour et enfin le fossé du château. Elle date du début du XVIème siècle.

La porte de la basse-cour :

La porte de la basse-cour
Elle se compose d’une double porte puis d’une herse en bois. Les vantaux de la seconde porte butaient dans la herse si on les forçaient avant de lever ladite herse, ce qui paralysait leur ouverture. Les murs de cette porte ont trois mètres d’épaisseur.

Le fossé du château :

Le fossé du château
La basse-cour était séparée du château proprement dit par un énorme fossé, large de plus de vingt et un mètres, qui débouchait au Sud dans le vide, derrière un mur crénelé et qui était bordé au Nord par un chemin couvert.

Le chemin couvert :

Le chemin couvert
C’était une galerie voûtée surmontée d’un chemin de ronde également couvert.

Le front oriental :

Le front oriental
On arrivait à la porte du château qui était composée au total de cinq épaisseurs successives, pour déboucher dans la cour du château. Cette dernière était dominée immédiatement par le donjon. Au Nord se trouve la grande cuisine qui date du XVème siècle.

Le Front Nord :

Front Nord
Le chemin de ronde était couvert en partie. Sous ce dernier se trouve une large galerie voûtée en berceau.

Le Front Ouest :

Le front Ouest
Dans la cour se trouve la porte haute de la galerie descendant au châtelet. Puis on arrive à la tour St Pierre à l’angle sud-ouest. Cette tour comporte trois salles superposées possédant au Sud des latrines. La tour semble être du XIIIème ou XIVème siècle. Actuellement couverte en terrasse, elle avait une toiture à quatre pans. Son couronnement avec mâchicoulis et crénelage est conservé.

Le Front Sud :

Le front Sud
A la suite de la tour St Pierre se trouve une longue salle, qui est romaine pour la majeure partie de ses murs. Elle servait d’armurerie. Ce corps de bâtiment devait avoir un premier étage et un toit. Un peu plus loin se trouve un escalier qui descend, à ce qui semble être les oubliettes. On arrive alors à un bâtiment du XVème siècle, comprenant un rez-de-chaussée et un premier étage, couverts autrefois d’un toit. A chaque niveau, il comprend une salle allongée, avec une fenêtre et une latrine. On y accède par l’escalier du grand donjon. Mentionnons en outre dans la cour du château, l’escalier descendant au grand souterrain. La margelle de la citerne date du Moyen-Age.

Le Donjon :

Le Donjon
Il reste à parler du grand donjon, construction énorme de six étages bâti à la fin du XVème siècle. Les angles Nord-Est et Sud-Est sont flanqués de très gros contreforts. A l’angle Sud-ouest est l’escalier hexagonal qui relie tous les niveaux. Les deux contreforts se terminent par des tourelles rectangulaires recouvertes d’un toit. Enfin le corps central était aussi recouvert d’un toit, qui a disparu depuis 1854. La plate-forme de ce donjon est à vingt trois mètres environ au-dessus du fond du grand fossé.

Telle est la description du formidable ensemble que constituait le château de Miolans. Pour résumer sa force, il suffit d’énumérer des défenses que son seigneur avait à franchir quand il rentrait dans son donjon :
– Cinq fossés, sur cinq ponts-levis.
– Cinq ou six herses, si le poste avancé en avait un.
– Dix portes.
– Plus de cent meurtrières.


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