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Château de Montrottier

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Situé à Lovagny en Haute-Savoie, entre Annecy et Rumilly, le choix de l’emplacement du château de Montrottier n’est pas un hasard. Pendant longtemps, le Fier a constitué un obstacle majeur pour les voies de communication mises en place par les hommes dans la région…

“Visite guidée du Château de Montrottier”…

 

La cour

Cour - © Sergio Palumbo - 123 Savoie

Cour – © Sergio Palumbo – 123 Savoie

La cour intérieure permet à tout un chacun de faire connaissance avec les différentes parties du château. Les édifices ne datent pas de la même époque. Au contraire, le château est le fruit de constructions successives réalisées au fil des siècles.

L’architecture générale du château s’organise autour d’un donjon cylindrique qui s’élève à une hauteur d’environ 35 m.
La partie la plus ancienne du château est la Tour dite des Religieuses et remonte au XIIIème siècle. Accolée à elle, se trouve une tourelle édifiée au XVème siècle et dont l’escalier hélicoïdal, à noyau évidé, est une prouesse architecturale à part entière. Reliées aux édifices précédents par une galerie et une courtine, les parties nord et ouest du château forment le grand logis.

Rassemblant le logis des Chevaliers au logis des Comtes par un escalier d’honneur, ces bâtiments datent des XIVème et XVème siècles. Le logis des Comtes a cependant connu de nombreux remaniements au XIXème siècle sur la volonté de Mme de Rochette, une des propriétaires du château.  L’ébauche de la chapelle non achevée, faute de moyens financiers, sur l’emplacement de l’actuel espace d’attente était également un aménagement désiré par cette dame. Le Petit Logis est la partie la plus récente du château, Il date du XXème siècle et a été construit afin d’y loger le personnel des lieux. Par ces travaux successifs, les différents propriétaires ont profondément modifié Montrottier. De château féodal, il s’est peu à peu transformé en une véritable demeure d’agrément pour particulier, voire même en musée.


Le donjon

La tour - © Sergio Palumbo - 123 Savoie

La tour – © Sergio Palumbo – 123 Savoie

Du haut de ses 86 marches et 35 mètres de hauteur, le donjon du château de Monttottier domine le fier et offre un magnifique panorama sur les Préalpes et l’avant-pays savoyard. Construit sur l’initiative de Pierre de Menthon au début du XVème siècle, il reprend les caractéristiques de ces types de constructions : mâchicoulis, meurtrières, chemin de ronde… Il n’est cependant qu’un donjon de prestige, et non pas de défense, visant à affirmer le rang des Menthon-Montrottier dans la hiérarchie nobiliaire locale.

N’ayant pas d’ouverture au rez-de-chaussée, le donjon n’était accessible que par l’existence d’un pont-levis au premier étage, aujourd’hui remplacé par une passerelle. Chaque étage du château est occupé par une pièce différente. Du sommet, les guetteurs d’autrefois pouvaient surveiller les environs et par des feux allumés pouvaient communiquer et correspondre avec les autres châteaux et maisons fortes des alentours.


La salle des bronzes

Cette salle se situe au rez-de-chaussée de la Tour Carrée, bâtiment le plus ancien du château puisqu’il remonte au XIIIème siècle. En levant les yeux sur la poutre située au-dessus des bronzes de Nuremberg, vous pourrez voir les blasons de quelques-uns des propriétaires des lieux. Apres avoir appartenu aux familles de Pontverre et Grésy, celle des Menthon-Montrottier se voit confier le château par Amedée VIII au XVème siècle, propriété qu’ils conservent jusqu’à la Révolution Française. De nombreux propriétaires privés se succèdent au XIXème siècle : la famille du General Dufour, le couple de Rochette, la famille Frèrejean. Léon Marès, dernier propriétaire particulier, lègue en 1916 le domaine de Montrottier à l’Académie Florimontane, société savante créée en 1606 par Saint François de Sales et Antoine Favre, président du Sénat de Savoie.

La salle doit son nom à deux frises et deux frontons réalisés par Peter et Hans Vischer, artistes bronziers de Nuremberg au XVIème siècle. A l’origine destinées à orner la chapelle funéraire de la famille Fugger, célèbres banquiers d’Augsbourg, les frises ont été influencées dans leur réalisation par la Renaissance italienne, ce qui déplut aux commanditaires qui les refusèrent. Afin d’en faire la grille de la salle du conseil de l’Hôtel de Ville, les frises sont rachetées en 1530 par la ville de Nuremberg et complétées par deux frontons commandés à Hans Vischer, fils de Peter. Vendus en 1806, les quatre bronzes font partie d’un lot de métaux acquis par Georges Frèrejean, un industriel lyonnais. En 1906, Léon Marès en hérite, sans savoir d’où ils viennent, personne ne connait encore leur histoire Ce n’est qu’en 1920, après de nombreuses recherches, que leur origine est dévoilée et qu’ils sont classés au titre des Monuments historiques.


La salle des Chevaliers

Armure © Sergio Palumbo 123 Savoie

Armure © Sergio Palumbo 123 Savoie

Armes orientales © Sergio Palumbo 123-Savoie

Armes orientales © Sergio Palumbo 123 Savoie

Construite au XIVème siècle, cette salle de 86 m² est la plus grande du château. Elle était dédiée au seigneur du château et aux grands évènements qu’il pouvait y organiser : banquets avec troubadours et grandes tablées, fêtes ou encore bals. Cette pièce pouvait également être le lieu où il réglait les affaires ordinaires et où il rendait la justice. Cette salle représente l’endroit symbolique où le seigneur affirmait sa puissance, sa richesse et son autorité auprès de ses fidèles qu’ils soient chevaliers ou simples paysans.

Le bois est très présent dans cette pièce et ce aussi bien au plafond à travers les magnifiques caissons réalisés en épicéa que dans le mobilier environnant qui date des XVIIème et XVIIIème siècles pour la plupart des éléments : coffre et armoire en noyer, cabinet de curiosité à la marqueterie en ronce d’olivier, commodes ou encore bureaux dits Mazarin. La présence de tapisseries est un moyen comme un autre pour le seigneur d’afficher l’étendue de ses ressources. En plus de recouvrir six fauteuils Louis XIV, les tapisseries sont également présentes sur les murs de cette salle. Au nombre de cinq, ces éléments datent du XVIIIème siècle et proviennent de la manufacture d’Audenarde, Elles s’inspirent de tableaux du peintre flamand Van Der Meulen et représentent différentes scènes de chasse à courre.


La salle orientale

Léon Marès n’a jamais voyagé. Pourtant les objets présents dans cette salle témoignent de son goût pour l’Orient, pour l’Ailleurs. Acquis grâce à des émissaires envoyés sur place, ils ont été ramenés au château à la même époque que les armes vues dans la salle située au premier étage. Léon Marès a vécu une époque marquée par la colonisation et le goût de l’exotisme. Cette salle en est la preuve. Objets de la vie quotidienne en Asie, objets rares et précieux en laques et ivoires, armes africaines et orientales, sont autant d’éléments que vous pouvez observer. Cette salle vous permet par exemple d’en savoir un peu plus sur ces hommes qu’étaient les samouraïs, mais également sur la vie de tous les jours des chinois et japonais, leurs passe-temps, leurs habits, leurs coutumes.

Le continent africain a lui aussi sa vitrine. Située sur la droite en entrant dans la salle, elle présente aussi bien des tenues traditionnelles que des armes ou des œufs d’autruches, dont l’un d’eux a été pondu au domaine même. Carapace de tortue géante, mue de serpent, peau de caïman, ou encore noix de cocotier de mer sont également à découvrir dans cette pièce.


La Salle des armes

Lorsqu’il hérite de sa sœur du domaine de Montrottier, Leon Marès quitte sa région natale et Montpellier pour venir s’installer en Haute-Savoie. Homme de biens, il est aussi un très grand collectionneur. Tout son mobilier, son animalerie et tous les objets qui sont aujourd’hui exposés dans le château, lui sont amenés en gare de Lovagny par le Paris-Lyon-Marseille.

Amorcée par son père, la collection présente dans cette salle est dédiée essentiellement aux armes et aux équipements militaires. Etriers, éperons, casques prussiens ou de la Grande Guerre, casques et cuirasses de défilé, chapeau chinois, gibernes, ou encore sabretaches côtoient ainsi des armes de toutes sortes : carabines, revolvers, baïonnettes, épées, winchester, sabres, fusils à vent. L’Histoire militaire est à l’honneur ici à travers tous ces objets. Certains témoignent même d’évènements spécifiques comme les quatre glaives rouges décorés par le célèbre peintre David. Symboles de l’Ecole de Mars, école pour jeunes gens créée en 1794 sur la volonté de Robespierre, ils sont les témoins d’un enseignement base sur une instruction militaire et sur la transmission des vertus républicaines au temps de la Révolution ! Aux côtés de tous ces éléments, des objets maçonniques ont été exposés. Ils montrent l’intérêt que portait le père de Léon Marès à cette société secrète. Admirateur de Napoléon Bonaparte, le dernier propriétaire des lieux a rassemblé de nombreuses copies d’objets en rapport avec ce personnage.


Salle des faïences et des dentelles

Située dans le logis des Comtes, cette pièce n’est autre que l’ancienne salle à manger d’été de Léon Marès. Grace au salon Frèrejean, vous pouvez d’ailleurs vous faire une idée de la façon dont on vivait en ces lieux à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle. De l’autre côté, la salle des dentelles était l’endroit où les plats étaient apprêtés, la cuisine se trouvant juste derrière. Aujourd’hui tapissées par des faïences, porcelaines ou dentelles, ces pièces apportent tout un soupçon de féminité à l’ensemble du château et des collections.

Aux XVIIIème et XIXème siècles, la France a de nombreuses manufactures de faïences et de porcelaine. Les murs de cette salle offrent aux visiteurs un voyage tr travers ces différentes manufactures de France et d’ailleurs : Anduze, Nevers, Strasbourg, Marseille, Montpellier, Delft, Rouen, Sainte Catherine près d’Annecy et bien d’autres encore. Dans la pièce d’à côté, des dentelles et éventails sont exposes auprès de cristaux, porcelaines et autres objets de luxe issus de manufactures françaises et étrangères : dentelles de Chantilly et de Valenciennes, porcelaine de Saxe, dentelles de Bayeux et d’Espagne, faïences de Moustiers, ou encore verres en cristal de Bohême. Vous pouvez également observer dans les vitrines situées au centre de la salle des objets de la vie quotidienne utilises par les dames des années 1900-1910 : flacons de parfum, carnets de bal, porte-mines avec calendrier, petit nécessaire de couture, petit ustensile à double usage (cure-dent et cure-oreille)…


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