histoire

Jean-Jacques Rousseau

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Jean-Jacques Rousseau a vécu à Chambéry avec Mme de Warens qui fut sa tutrice et sa maîtresse…

Les charmettes

En 1735, souffrant, il cherchera un autre logis plus agréable que l’appartement de l’hôtel de Saint Laurent.
Il s’installe avec Madame de Warens, son premier amour, dans le vallon des Charmettes à partir de 1736.

Après avoir un peu cherché, nous nous fixâmes aux Charmettes, une terre de M. de Conzié à la porte de Chambéry, mais retirée et solitaire comme si l’on était à cent lieues. Entre deux coteaux assez élevés est un petit vallon nord et sud au fond duquel coule une rigole entre des cailloux et des arbres. Le long de ce vallon à mi-côte sont quelques maisons éparses fort agréables pour quiconque aime un asile un peu sauvage et retiré

Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, livre V.


Jean-Jacques Rousseau a toujours été très élogieux vis-à-vis de Chambéry

Portrait de J-J Rousseau Pastel de Maurice Quentin de La Tour

Portrait de J-J Rousseau Pastel de Maurice Quentin de La Tour

Le long séjour qu’il y fit, en plusieurs épisodes, correspond à sa période de formation et de son émergence ; il y fera référence tout au long de sa vie, tout au long de son œuvre, comme le lieu d’un bonheur à jamais perdu.

Période heureuse, même si elle a été coupée d’épisodes dépressifs ou hypocondriaques mais aussi d’initiations multiples, d’apprentissages, de commerce avec des interlocuteurs de qualité, de lectures.

C’est à Chambéry que Jean-Jacques Rousseau a constitué l’essentiel de son “magasin d’idées”, sans avoir une vision claire de son destin d’écrivain.

Jean-Jacques Rousseau arrive à Chambéry en 1731. Celui que l’on appelle “l’homme de la Nature et de la Vérité” sera l’un des premiers écrivains à évoquer les charmes de la montagne, notamment dans La Nouvelle Héloïse et dans Les Confessions.

Jamais pays de plaine, quelque beau qu’il fût, ne parut tel à mes yeux. Il me faut des torrents, des rochers, des sapins, des bois noirs, des montagnes, des chemins raboteux à monter et à descendre, des précipices à mes côtés, qui me fassent bien peur. J’eus ce plaisir, et je le goûtai dans tout son charme, en approchant de Chambéry

Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, livre IV.


Les relations entre Chambéry et Jean-Jacques Rousseau furent complexes et parfois ambiguës

Si les Charmettes font partie intégrante du patrimoine chambérien, et ce de manière indiscutable, Jean-Jacques Rousseau lui, en reste encore en partie extérieur. Les relations entre lui et Chambéry sont en effet complexes et parfois ambiguës. Jean-Jacques Rousseau y est, certes, reconnu comme une figure importante de la ville mais pas comme chambérien : il n’y est pas né, il n’y a pas fini ses jours.

Sa contribution au mouvement des Lumières et son rôle dans l’évolution des idées politiques l’opposent à une autre figure chambérienne majeure, celle de Joseph de Maistre. Aussi, les conflits, les péripéties de la vie politique locale vont-elles régulièrement s’identifier, s’incarner dans ces deux figures ou se cristalliser à travers elles.

Figure conspuée par certains, figure admirée, adulée par d’autres qui iront jusqu’à adopter le prénom Jean-Jacques : ce balancement, cette opposition resteront longtemps profonds et récurrents.


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Avatar de l'utilisateur 2 juillet 1778, la mort de Jean-Jacques Rousseau - Haiti24
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