Cinéma

L’école buissonnière, de Nicolas Vanier

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Paris 1930. Paul n’a toujours eu qu’un seul et même horizon : les hauts murs de l’orphelinat, sévère bâtisse de la banlieue ouvrière parisienne… L’école buissonnière, dernier film de Nicolas Vanier sur les écrans en octobre…

Entretien avec… Nicolas Vanier

 

Nicolas Vanier – © Dignaszewski Koboy

Pour comprendre Nicolas Vanier, il est nécessaire de remonter à vos origines.
Et même si vous êtes né au Sénégal, c’est la Sologne qui apparaît comme votre terre natale…
Nicolas Vanier : Je n’ai en effet passé que quelques jours au Sénégal où mon père faisait son service militaire. Qui sait ? Ai-je eu un coup de chaud qui m’a poussé à préférer les grands froids mais c’est la Sologne qui a fait ce que je suis : un amoureux de la nature et de la vie sauvage…

Est-ce que le petit Paul de L’école buissonnière ressemble au Nicolas que vous étiez ?
Nicolas Vanier : Même si je ne suis pas un enfant de la ville, même si je suis né avec des bottes aux pieds et une canne à pêche à la main, il y a de mes souvenirs d’enfance dans l’émerveillement de Paul quand il découvre la nature et ces hommes qui peuplent la Sologne. Ils sont parfois un peu rudes mais on a vite fait de découvrir qu’ils sont généreux. Plus généralement, mes sources d’inspiration sont multiples. Elles viennent du roman que j’ai écrit sur la Sologne, Le Grand Brame, mais aussi de l’œuvre de Maurice Genevoix (Raboliot, La Dernière Harde) ou encore d’Alain Fournier avec son magnifique Grand Meaulnes.

Pourquoi ce choix des années 30 ?
Nicolas Vanier : C’est un choix tout d’abord esthétique. Je recherchais ce mariage parfait entre les couleurs, les textures et la nature, à une époque que l’on pouvait qualifier de flamboyante en Sologne. Je préfère nettement l’allure des chasseurs de l’époque à celle d’aujourd’hui avec leurs vêtements high tech et fluo ! Et ne parlons pas des comportements de nombre d’entre eux qui n’ont rien à voir avec ceux dont je parle dans le film : des hommes qui connaissent et respectent la nature.

Jean Scandel – © StudioCanal – Éric Travers – Radar Films

Jean Scandel qui fait ses débuts à l’écran dans le rôle de Paul est un nouveau-venu. Comment l’avez-vous déniché ?
Nicolas Vanier : Nous nous sommes lancés dans un grand casting national où plus de 2000 jeunes garçons se sont présentés. J’ai sélectionné une trentaine d’entre eux puis nous avons fait des essais avec 6 jeunes acteurs. Jean s’est finalement imposé par son intelligence et son sens du jeu. Il faut dire qu’il a dû donner dès le début la réplique à François Cluzet qui est venu en personne pour ces essais. C’est un jeune garçon naturellement doué mais j’ai également décelé chez lui une sorte de fêlure, quelque chose d’intérieur, de très touchant, qui le rendait crédible comme petit orphelin. Je n’ai jamais regretté ce choix, je le trouve merveilleux.

Vous revendiquez-vous écologiste ?
Nicolas Vanier : Je n’aime pas cette appellation puisque l’écologie politique n’a pas forcément montré son meilleur visage ces dernières années. Si le terme est galvaudé, il n’en reste pas moins essentiel. Je suis de ceux qui veulent protéger une planète qui va mal. Quitte à prendre des positions compliquées comme je l’ai fait lorsque je me suis engagé pour la régulation des loups. Je pense qu’il y a des passerelles à construire, par exemple entre les chasseurs et les défenseurs de l’environnement. L’un peut être complémentaire de l’autre. Il faut reconstruire ensemble.

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Nicolas Vanier

Aventurier, écrivain, photographe et réalisateur, mais aussi grand défenseur de la nature dans toute sa diversité, Nicolas Vanier, cet insatiable voyageur du froid suit depuis plus de 30 ans un parcours hors normes. Il a rapporté quantité d’images et de témoignages de ces multiples épopées au Canada, en Sibérie, Mongolie, Laponie, Chine ou Alaska… Avec plus de cinquante livres publiés, une vingtaine d’expéditions et autant de films, Nicolas a fédéré autour de lui un public fidèle, sensible à sa passion des grands espaces et aux valeurs qu’il véhicule où trône le respect de la nature et des hommes.

 


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