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Neige de culture : Le vrai du faux

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Le flocon qui tombe du ciel est un élément précieux, formé par des molécules d’eau cristallisées selon une structure chaque fois différente…

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Neige de culture : Le vrai du faux

 

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Le flocon qui tombe du ciel est un élément précieux, formé par des molécules d’eau cristallisées selon une structure chaque fois différente. Il pèse environ 5 centièmes de grammes et mesure entre 2 et 5 millimètres.

Si la densité moyenne de la neige fraîche sous nos latitudes est de l’ordre de 100 kg/m3 alors 20.000 flocons occupent un volume d’environ 10 litres… et ne contiennent qu’1 litre d’eau. Sur le périmètre d’une commune telle que le Grand-Bornand (61,5 km²), une chute de neige de 10 cm occupe un volume de 6 millions de m3 et contient 600.000 m3 d’eau. Une chute de 10 cm de neige contient donc plus d’eau que la station n’en utilisera pour produire de la neige pendant tout l’hiver.

En montagne, au bout de quelques jours, la neige présente au sol se tasse naturellement : même sans fonte, l’épaisseur de la neige diminue naturellement et sa concentration en eau augmente. Elle atteint alors généralement au cours du temps une densité de 500 kg/m3. Lorsqu’elle est produite par l’homme, la neige est directement produite avec une densité de l’ordre de 500 kg/m3. C’est ainsi qu’elle est plus résistante à l’abrasion du passage des skieurs, et aux périodes de redoux.

Comment la neige de culture est-elle produite ?

En pulvérisant de fines gouttelettes d’eau dans l’air froid de la montagne (<-2 °C). C’est la principale technique de production (99 % des volumes produits). À titres subsidiaires, des technologies de production à température positive commencent à apparaître.

Le vrai du faux

La France est le plus gros producteur de neige de culture en Europe.
FAUX : 37 % de la surface totale des pistes en France est sécurisée par la production de neige de culture (par rapport à la surface totale des pistes). C’est bien moins que l’Autriche (70 %), l’Italie du nord (90 %), ou la Suisse (49 %).

Il n’y a aucun adjuvant dans la neige produite par les domaines skiables français.
VRAI : En France, l’ensemble des opérateurs de domaines skiables se sont collectivement engagés à ne pas utiliser d’adjuvant pour produire de la neige. C’est un Le procédé utilisé est purement mécanique et reproduit les conditions naturelles d’enneigement en brumisant de l’eau sous pression dans l’air froid ambiant.

En France, la consommation d’eau est plus importante pour le remplissage des piscines privées que pour l’enneigement artificiel.
VRAI : Le volume d’eau consommé par les piscines privées (entre 30 et 40 millions de m³) est estimé au double de celui prélevé par la neige de culture (25 millions de m³).

La neige produite se mélange mal à la neige naturelle.

FAUX : La neige est volontairement produite avec une forte charge en eau (environ 500 kg/m3, comme la neige fraîche lorsqu’elle est travaillée par les engins de damage).

La neige est produite avant l’ouverture du domaine skiable.
Plutôt VRAI : Le but de la neige de culture est en effet de constituer une couche résistante à l’usure provoquée par le passage des skieurs et adaptée à recevoir les chutes de neige tout au long de la saison. Pour cette raison, elle est produite en partie avant l’ouverture du domaine skiable (octobre, novembre) et en partie après (décembre). Les objectifs des opérateurs sont généralement d’avoir complété réalisé 50 % à 80 % de leur campagne d’enneigement avant le 31 décembre de l’année.

On peut remplacer toute la neige qui tombe du ciel par de la neige de culture.
FAUX : La neige de culture est produite en beaucoup plus petite quantité que la neige tombée du ciel : 1/10e de la neige présente sur les pistes a été produite, contre 9/10 qui vient du ciel.

La neige de culture consomme de l’eau.
FAUX : L’eau n’est pas dissipée. On ne parle pas d’une consommation mais d’un prélèvement avec restitution différée. En effet, l’eau transformée en neige de culture finira par fondre au printemps suivant, et se réinfiltrer dans les sols. Elle est restituée à 80 % par infiltration et à 20 % par évaporation. À titre de comparaison, l’évaporation moyenne constatée d’une piscine privée à l’année est de l’ordre de 15 %.

La neige de culture consomme de l’énergie.
VRAI : Il faut entre 1 et 3 kWh pour produire 1 m3 de neige, soit l’équivalent de l’énergie nécessaire pour cuire, successivement, deux pizzas au four. Fort heureusement, l’énergie nécessaire à la production de neige de culture est électrique, et en France elle ne contribue pratiquement pas au réchauffement climatique.

Il n’est pas toujours possible de produire de la neige de culture.
VRAI : Produire de la neige suppose d’avoir de l’eau : le prélèvement en eau n’est possible que si le milieu environnemental et la somme des autres usages sont compatibles avec le maintien des débits légalement réservés (pour préserver la biodiversité aquatique notamment).

Produire de la neige suppose également d’avoir du froid.
VRAI et FAUX : Il existe des techniques de neige “tout temps”, qui intègrent un refroidissement technique de l’eau en dessous de zéro degré mais Domaines Skiables de France n’en recommande l’usage que ponctuellement (ou alors plus largement si la technologie de refroidissement n’est pas plus énergivore que les enneigeurs traditionnels).

L’eau utilisée pour la neige de culture est payante pour les stations.
VRAI : En France, le prélèvement d’eau est soumis à une redevance dont le montant est déterminé par l’agence de l’eau dont relève la commune où se situe le prélèvement.

L’eau prélevée met en péril l’eau potable.
FAUX : Les conditions dans lesquelles l’eau est prélevée pour produire la neige sont arrêtées par le préfet de département, après étude d’incidence, instruction des services de l’État et avis d’un comité départemental ad hoc (CODERST), composé des représentants des utilisateurs usagers et des associations environnementales. Les volumes, débits et périodes de prélèvement sont arrêtés de manière à éviter les conflits d’usage, notamment avec l’eau potable domestique qui est prioritaire sur tous les autres usages. Des arrêtés “sécheresse” peuvent venir compléter ce dispositif.

(Source : Domaines Skiables de France, chambre professionnelle des opérateurs de domaines skiables)


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